‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 124 sur 350 · Sut 1b MupUsac et te · texte numérisé non relu

Sut 1b MupUsac et te

/•utnctians, l. VI, p, m, i

pour elle une matière de souffrance, surtout lorsque cette volonté, qui paraît lui appartenir, combat sa raison.

[Fusion et identification de la volonté humaine et de la volonté divine dans lo baiser ineffable de l'union intime.]

Mais pourquoi, me direz- vous, me parler de cela, puisque ce n'est pas mon état présent P Je n*en sais rien; Dieu le sait. Tout ce que j'en comprends est que c'est ce qui arrivera chez vous, et même plutôt qu'à bien d'autres, et cette volonté, vous étant donnée en libre et pur usage, semblera déranger un peu les choses, quoiqu'elle les établisse admirablement et d'une manière inconnue.

[La volonté nourrie, étendue et assouplie par l'onction de la grâce.]

Laissez-vous donc consacrer par l'onction de la grâce. Tout ce qui aura de l'onction vous conviendra toujours. Je n'entends jamais que vous vous donniez de la vivacité extérieure.: mais aussi ne vous faites pas une vertu de réserve. Que la simplicité vous conduise en toutes choses. Vous avez besoin d'être réveillé quelquefois : égayez vos sens, et laissez- vous comme un enfant*. Enfin ne travaillez pas à vous éteindre : ce n'est pas ce qu'il vous faut. Ne raisonnez jamais des autres comme de vous, ni de vous comme des autres, cela étant très différent.

Il y a cette différence entre le voir et le goûter, que le premier ne doit jamais être réveillé ^, mais le second doit être nourri par tout ce qui peut lui servir d'aliment.

1. Fénelon recommandera souvent à ses dirigés « d'amuser leurs sens )> et de se « délasser l'esprit par de petits intervalles d'amusement innocent et de gaieté... enfantine » ; cf. Lettre à Mme de Maintenon de février 169 1, t. VIII, p. /iga, <f, Lettre au marquis de Blainville du 7 juin 1689 id., p.5i2, a, etc., etc.

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