‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 152 sur 350 · Rom., VIII · texte numérisé non relu

Rom., VIII

peut éteindre la charité^. Je ne vous demande que ce qui me vient dans l'esprit. Si cela n'est pas selon Dieu, condamnez-le. Je ne suis capable de rien que d'aimer et de me soumettre. Je crois tout aveuglément, sans savoir à qui je crois et pourquoi je le crois ; Dieu est, et cela me suffit.

Je vous prie que rien ne vous fasse douter de la voie ^, qui est pure, nette, dégagée, où, tout étant arraché à la créature, tout reste pour Dieu. Lorsque vos lumières s'accorderont admirablement avec ce que vous posséderez, vous concilierez fort bien toutes 'choses. J'ai peur sans peur ^ de vous tromper, car je ne trouve en moi nulle puissance de me soumettre ou de ne pas me soumettre. Je suis un enfant à qui l'on dit : cela est, qui dit de même : cela est, et le croit dans le moment ; ensuite il ne sait plus ce qu'on lui a dit, et n'y peut plus penser. Je suis dans un oubli total de toutes ces choses, sans que je puisse faire autrement ; et je suis tellement abandonnée à mon Dieu, que je ne puis môme entrer en défiance de sa conduite sur moi, ni penser à cela. Dieu, pourraisje avoir un intérêt ! et où le prendre ? qui suis-je, et où suis-jc ? cela est étrange, et je me perds.

Il me semble que notre union va toujours croissant ^.

Page 1