I. Dans la lettre précédente, à laquelle celle-ci répond
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a rien de plus efficace et de plus agissant que l'amour. Tant que nous sommes en cette vie nous pouvons déchoir * ; mais qu'il est rare que Dieu rejette une âme qui lui est si chère et qu'il possède parfaitement, quoique sous le voile de la foi !
Sitôt que l'âme, par la mort d'elle-même, perd tout pour entrer dans la fin, elle y passe très véritablement et réellement. Non qu'elle perde pour cela la qualité du voyageur, si vous prenez cette qualité comme on la prend généralement, pour ce qui fait la différence de l'autre vie à celle-ci ; mais elJe cesse de marcher pour peu que ce soit par ses propres pas, quelque simples qu'ils parussent auparavant, pour entrer dans la fin, qui n'est autre que le repos du Seigneur, et le sabbat commencé dans le temps d'une manière imparfaite par rapport à l'éternité.
[Pur abandon et désappropriation entière de l'àme arrivée en Dieu.]
Je n'ai point de science. Je conçois ce que vous me dites, je le goûte, et il me semble que j'aime lÉglise à un point que je donnerais mille vies pour elle^. Pour ce qui regarde les sentiments, il n'y en a aucuns, quels qu'ils soient, que je ne soumette avec la plus grande docilité, non seulement à l'Église, mais à vous. Monsieur. Je ne sais rien, je ne connais rien, je ne vois rien. Je ne sais pourquoi J€ parle, ni ce que je dis ; mais il me semble • que Dieu est tellement tout en toutes choses^, que je ne vois, n'aime et ne goûte que lui ou ce qu'il me fait voir, aimer et goûter en lui. Si j'osais, je dirais avec saint Paul, Qui nous séparera de lacharité de Jésus-Christ * ! et, comme il est dit dans le Cantique, que la multitude des eaux ne
I. Ce sera l'expression même que reprendra Fcnclon dans l'article des Maximes cité plus haut (Lettre XXXIV, p. 83, n. i). 3. Cf. plus haut, Lettre XXII, p. O7.