‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 154 sur 350 · I. 19 et 25 mars · texte numérisé non relu

I. 19 et 25 mars

3. C'est, sous une forme réduite, la maxime de sainte indiflerence si chère à Fénelon ; « vouloir tout, vouloir rien; cf. Lettres LIX et LXXVI, p. 167 et i83 : « On ne veut rien pour soi, mais on veut tout pour Dieu, etc. » {Explication des Maximes, art. V, vrai, édit. cit., p. 52.) « Cet état contient toute prière », dit-il ailleurs {Manuel de Piété, t. VI, p. 6, g). Si l'on demande au pur amour ; « \oulez-vous souffrir ce que vous souffrez ? Voudriez-vous avoir ce que vous n'avez pas ? U répondrasans hésiter... ; « Je veux souffrir ce que je souffre, et n'avoir point ce que je n'ai pas : je veux tout^ je ne veux rien. » {Instructions, t. VI, p. 124). — Cf. encore Instructions, t. VI, p. 82, g. Lettres spirituelles, t. VllI, p. 6i4, «, etc., et surtout Instruction pastorale sur l'explication des maximes, § LIX, t. II, p. 3i5, </,où il reprend cette maxime et en donne la référence, du reste inexacte. La formule : « Omnia volo, ni/u7 volo, se trouve dans l'ouvrage du carninal Bona, auquel la mys-

et raiment par un acte très simple ; mais j'aurais besoin d'une ample explication.

Le chrétien, qui s'abandonne sans réserve, peut consentir à être éternellement puni et malheureux \ si c'est la volonté de Dieu ; mais il me semble qu'il ne peut jamais consentir à haïr Dieu dans l'enfer; autrement il arriverait que, par conformité à la volonté de Dieu, il voudrait être contraire à cette même volonté, ce qui ferait une contradiction.

Si on me nommait à un évêché^, ne pourrais-je pas, sans blesser l'abandon, le refuser, supposé que je sois manifestement attaché ici ^ à un travail actuel pour des choses plus importantes que toutes celles que je pourrais faire dans un diocèse ? Pensez-y devant Dieu et ne me répondez, s'il vous plaît, qu'après avoir

tique de Fénelon doit beaucoup ; Via compendii ad Deum, etc, Lugduni, 1678, cap. xix, p. 386.

1. Sur cette question, qui sera capitale dans la controverse quiétiste,, cf. les deux lettres suivantes, p. 92 et 96.

2. Dans son Histoire de Fénelon, qui utilise souvent, comme on sait, des documents encore inédits ou aujourd'hui perdus (Livre I, § XXVII, édit. des Œuvres complètes de Fénelon, t. X. p. 26-26), — M. de Bausset rapporte qu'entre le retour de sa mission en Poitou (juillet 1687) et son entrée à la Cour (août 1689), Fénelon faillit par deux fois être nommé évêque : d'abord à Poitiers, où l'intervention de M. de Harlai l'aurait empêché d'arriver, puis, « l'année suivante », [1689, sans doute] à La Rochelle, où levèquc le demandait comme coadjuteur, et où le roi aurait refnsé de l'envoyer, comme suspect de jansénisme. Les faits, en eux-mêmes, n'ont rien que de vrîiiscmblable, et je croirais volontiers que les lettres des 12 et 28 mars (cf. plus haut, p. 78, « les chimères d'ambition ») font allusion à l'affaire de La Rochelle. Mais les explications édifiantes de M. de Bausset pourraient bien être fantaisistes ; et cette lettre laisse supposer que c'est Fénelon lui-même qui a refusé pour des raisons de diplomatie supérieure.

3. La maison des Nouvelles-Catholiques, ou d'une façon plus générale» le ministère parisien avec ses annexes de Versailles, Saint-Cyr, etc.

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attendu deux ou trois jours ce qu'il vous mettra au cœur sur cette matière*.

Quand vous m'écrirez des lettres cachetées, ne pourrai-je point en faire part à M. de Chevreuse? Mandez-moi ce que j'en dois faire. Ce 28 mars 1689.

Il est bon de laisser passer toute chose, en faisant dans le moment usage de mort, parce que le souvenir des choses ferait des espèces ^, et salirait en quelque manière la pure, simple et nue disposition que Dieu veut de vous. Tout servira à votre mort : la fidélité actuelle, et même les petites échappées * ; ou plutôt, ce qu'il y a de trop vif ne vous sera pas moins utile, pour vous éclairer et vous faire mourir. Dieu se servira également de tout dans le dessein qu'il â sur vous. Je suis persuadée que vous ne vous arrêtez à rien volontairement, car dans la situation où est votre cœur, cela vous serait très difficile.

[Comment la distraction et la sécheresse purifient l'oraison.]

Ce qui fait que vous avez une présence de Dieu plus aisée et plus douce hors de l'oraison qu'à l'oraison, est premièrement, que Dieu veut être le principe de votre oraison, et. vous la donner, non quand vous pensez la faire, mais lorsqu'il le veut lui-même. Cela vient aussi de ce qu'étant partagé par d'autres occupations, il y a

1 . « Je serai très aise de savoir de vos vues et de vos dispositions tout ce que Dieu vous mettra au cœur de m'en confier » (^Lettre du 21 août? à la sœur Cliarlolte de Saint-Cyprien, t. VIII, p. ^bb, d).

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