‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 157 sur 350 · Cf. Fragment d'autobiographie, p. 3, n. li · texte numérisé non relu

Cf. Fragment d'autobiographie, p. 3, n. li

94 FÉNELON ET M»» GUYOX

ce que Ton voudrait vous présenter, si vous restez simple et abandonné, comme vous l'êtes *.

J*ai eu une forte pensée de vous écrire, et je m'en suis sentie pressée ; premièrement, pour vous dire que, lorsque vous lirez les écrits de M. iN., vous vous nourrissiez simplement de ce qui regarde la pure foi. Tout ce qui est de la mort active ^, ou pratique des vertus, quoi qu'écrit en apparence pour des personnes plus avancées que vous, ne vous convient nullement, car il ne faut pas regarder votre âme, ni du coté du temps qu'il y a qu'elle est à Dieu, ni sur le travail et la pratique des vertus, sur certains degrés qui ne sont point pour vous, mais sur l'amortissement de votre volonté. Je dis amortissement, parce que ce n'est pas encore une mort, ainsi que vous l'éprouverez un jour *. Dieu vous conduit lui-même, et il ne prétend de votre part nul autre traVail que celui de le laisser tout faire, et de mourir simplement de moment en moment par tous les événements de la vie et à toutes vos répugnances, vous laissant dévorer par elles, quelles qu'elles soient. Dieu trouvera chez vous de quoi vous faire mourir : il prépare présentement votre ân»e par le repos, l'amortissement, et la cessation de tout. Il travaille chez vous comme le soleil dans la terre. Il fait germer toutes les plantes, sans qu'il soit possible de découvrir son travail, que lorsqu'il se produit au dehors. Il en est de même chez vous. Mais soyez assuré que vous n'aurez jamais la possession d'aucune chose. Vous n'au-

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