Lettre précédente, p. 96 et n
FÉNELON A M>«e GUYON 105
peut sortir, que par une opération plus violente. Ce que je souhaite le plus est de savoir à quoi me tenir, pour bannir les réflexions et pour me laisser aller à Tesprit de Dieu. Ferai-je comme l'aveugle qui tâtonne et qui marche sans hésiter, tant qu'il trouve un espace ouvert? Ne sera-ce point une simplicité trop hardie ? Je la goûte, quoique la pratique doive en être rude à mon esprit circonspect.
J'ai soin de ma santé ; ménagez, s'il vous plaît, la vôtre*. Prenez du quinquina^ ; ne faites jamais maigre. Je lirai ce que vous me mandez dans le Pentateuque. Marquez la différence précise entre mort et amortistissement^. Dieu tout, nous rien*. 6 d'avril 1689^.
I . Recommandation qui revient souvent chez Fénelon ; cf Lettres spiritaelles, i.\lll, p. b^o,g : « Pour votre santé, il faut la ménager avec précaution » ; Lettres au vidame d'Amiens du 1 5 février 1 7 1 1 , au duc de Chevrcuse 11 janvier 1712 t. VII, p. 335, </, 370, d, etc.
3. Lo quinquina était alors dans toute sa nouveauté : Introduit en Europe vers 1639, l'usage ne commença à s'en répandre que quelque quarante ans plus tard, après les cures célèbres opérées à Paris en 1678 par l'Anglais Talbor ou Tabor. C'était le médicament à la mode. Cf. Lettre à la comtesse de Gramont du 12 juin (1689), t. VIII, p. 594, d : tt Ma santé va bien. Dieu merci, Madame ; elle est en état «le justifier le quinquina et de faire taire tous ses ennemis » ; cf. Introduction, I, § II, p. XXIV.