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Texte de Dutoit : réveille

2. Sur sa nomination possible comme précepteur du duc de Bourgogne.

l'abîme obscur du pur abandon. Il ne me reste qu'à demeurer immobile au milieu des vagues, et à me laisser au gré delà tempête*. L'incertitude, que j'ai tant goûtée, me paraît pénible et il me vient cent raisons de nécessité apparente pour savoir à quoi m'en tenir, pour prendre des mesures et pour éviter certains embarras ; mais toutes mes visions sont folles. Il ii'y a qu'à ne rien voir, qu'à demeurer en suspens, comme si j'étais en l'air, et qu'âne me mettre non plus' en peine de ce qui se passe au dedans, que de ce qui arrivera au dehors. Au reste ne croyez pas que ce soit une grande agitation. Non, je suis paisible et peu occupé de tout cela. C'est seulement, comme je vous l'ai dit, un certain travail intérieur, qui ne me distrait point ni de mes occupations, ni de mon recueillement, mais qui me mine secrètement et profondément, lors même que je vaque à toute autre chose, et que je suis le plus gai. Au surplus, je ne voudrais pas me faire Pape, ne fallût-il, pour l'être, que le vouloir, sans que personne en sût jamais rien. Quelquefois même je suis touthonteux de craindre si peu l'élévation et de me sentir de la peine, lorsque je suis dans l'incertitude d'y parvenir. Mais je laisse cette mauvaise honte avec tout \b reste, comme elle le mérite. Enfin, malgré cette démangeaison intérieure, je suis en paix et je n'ai besoin de rien.

1. Cf. Mme Guyon, Petit abrégé de la voie et de la réunion, I, '§ 5 (Opuscules, édil. cit., t. II, p. 820) ; « lise faut donc laisser, au plein gré de Dieu, battre de toutes parts des vents et de la tempête, souvent submergé et enfoncé dans les ondes mutinées. »

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