Cf: Lettre III, p. 19 et n
M'"^ GUYON A FÈiNELON 433
sont pas même imputés, et c'est celui que je porte, qui ne suppose pas une personne impeccable, mais un Dieu aimant et aimé, qui n'impute aucune faute, parce que son' amour les consomme toujours et le [s] convertit en bien. Ceux à qui on n'impute point le péché, ont une justice imputée et non acquise. C'est l'amour fort, et ce sera assurément le vôtre. Oui assurément ; mais il faut perdre pour cela (oui acquis et toute possession de vous-même, pour vous laisser posséder de Dieu *. C'est à quoi il travaille. Comptez pour rien tout le reste et tout ce que vous faites. Il faudra bientôt tout déranger chez vous, avant de vous en chasser. Ce 7 mai 16^9^.
Le jour que je devais aller à N. * je fus très unie à vous ; et dès le matin, il me vint une pensée que vous viendriez là, et j'en eus de la joie, j'en étais même cer*taine, lorsque N. ^ mé contremanda. Cela me parut une raison encore humaine ; et je fus mise en plus étroite union avec vous, qui dura tout le jour, comme si Notre-Seigneur eut voulu réparer ce que l'on ôtait. Hé bien, je ne puis sur des choses de cette nature user de retour, voir si les choses sont ou ne sont pas, avoir nulle pensée que celle que l'on me fait avoir : parce que mon âme est vide, non seulement des mouvements propres, mais de plus des pensées et réflexions ; car elle ne pense rien
I. Fénelon, Instructions, XXII, t. VI, p. i25, g : « On veut vous posséder, mais on ne veut point se perdre pour être possédé par vous. ))
a. Cette lettre est la réponse à la précédente.
3. T. III, Lettre CVIIÏ, p. 483-6 ; dernier paragraphe, t. V, p. a6i-2.
' /(. Peut-être: Versailles oi> Saint-Cyr.