Il s'agirait alors de Mme de Maintcnon
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du tout, et dit les choses comme un enfant, sans savoir ce qu'elle dit, ni même souvent sans s'apercevoir qu'elle ledit: de sorte que, lorsqu'on lui demande la raison de ce qu'elle a dit, elle reste surprise, et comme étonnée sans le comprendre, s'il ne lui en est donné l'intelligence dans le moment, en faveur de ceux qui le demandent ; ou bien, si j'y pense, c'est que l'on m'y fait penser.
C'est cela qui fait la vérité de la pensée, qui ne vient par lumière, ni illustration * que l'on puisse remarquer, pour l'ordinaire ; et, quand on demande : mais de quelle manière avez-vous pensé cela ? est-ce que vous avez eu un mouvement particulier de dire ces choses? tout cela n'est point pour moi ; je pense et parle naturellement, et sans retours, comme ces tètes de machines, qui articulent ce qu'on leur fait dire.
Il n'en est de cela, que pour les choses qui regardent Dieu ou le prochain ; car, pour l'ordinaire, je parle des choses indifférentes selon la portée d'un chacun. Je m'aperçois quelquefois que j'ai un extérieur de caméléon, et une conversation qui change selon les personnes, sans que j'y fasse attention, contant des contes à ceux qui ne peuvent être entretenus que de cela ^.
11 n'y a rien à faire pour vous, qu'à rester comme vous êtes, perdant toujours de plus en plus tout ce que vous avez de propre. Car c'est à quoi vous êtes appelé; et c'est l'unique travail que Dieu veut de vous. qu'il vous aime, et qu'il est vrai qu'il vous a vraiment choisi, pour être votre seul principe et votre unique vie î Mais soyez certain que vous n'y arriverez que par la perte de toutes choses, sans nulle exception. Il y a la science des saints et celle des hommes ; et elles sont très différentes l'une de l'autre; mais il faut perdre Tune et l'autre, pour