T. V, Lettre XXIX., p. a
8. Reprise du texte de saint Paul, cité dans la lettre précédente ; cf. Instructions, XXII, t. YI, p. 122, ^.: « // n'y a que l'Esprit de Dieu, comme dit l'apôtre, qui puisse pénétrer les profondeurs de Dieu même; cf» encore Lettres spirituelles, t. YIII, p. ti^b, d, Explication des Maximes, art. XVII, vrai, édit. cit., p. i48, etc.
de cet état [n'en peut juger qu'imparfaitement et selon sa mesure bornée ; c'est pourquoi je me tais et je me contente d'attendre ce qu'il plaira à Dieu de m'expliquerjpar l'onction.
Je comprends par l'état où saint Paul se dépeint, un état de mort, où ce n'est plus l'homme qui vit, mais Jésus- Christ en lui', où l'on est crucifié pour le monde, c'est-à-dire, pour tout ce qui n'est pas Dieu, où l'on ne se sent coupable de rien, sans néanmoins se justifier, où l'on ne se glorifie plus qu'au Seigneur, où l'on parle [de soi comme d'un autre', et où l'on ne craint point de dire de soi des choses sublimes ^, parce qu'on est hors de soi et sans aucun propre intérêt. Voilà ce que saint Paul me^ fait voir dans un état, qui n'est pourtant pas celui des bienheureux. Je crois qu'alors la mort est consommée, mais que la vie ne l'est pas : je dis que la mort est consommée, parce que toute vie propre est détruite et anéantie ; mais j'ajoute que la vie divine n'est pas consommée, parce qu'elle croît tous les jours et qu'elle ne sera en son comble qu'au moment où elle entrera dans l'éternité.
En cet état, la justice n'est pas seulement imputée, mais elle est donnée réellement à l'âme ; ce n'est