Il Cor., XI, I
iTS
458 FÈNELON ET M»« GUYON
son œuvre en vous. Je ne m*étonne pas si Tamour qu'il a pour l'homme Ta porté à se faire homme et à souffrir une mort infâme^ sur un gibet. Car je vous assure que, dans ce qu'il me fait expérimenter, il me paraît qu'il en aurait fait infiniment davantage pour vous seul, s'il eût été nécessaire. Oui, je sens que la charité de Jésus-Christ me presse * et me dévore d'une manière que je ne saurais dire, et qui est cependant telle, que la mort me serait douce, quelque rigoureuse que l'on me la fit souffrir, si elle vous procurait le moindre avantage spirituel. Ceci n'est point imaginaire, mais très réel : il ^ se passe dans le plus intime de mon âme, dans cette noble portion où Dieu habite seul, et où rien n'est reçu que ce qu'il porte en lui. C'est cette même partie de l'âme, qui n'a plus nul pouvoir de s'appliquer ou de ne s'appliquer pas, qui ne peut se pencher vers aucun côté que l'on la met. Plus ces choses sont fortes en moi, plus je suis impuissante de mç les donner ou de me les ôter. Dieu veut renverser chez vous tout ce que vous avez édifié. Il ne restera pierre sur pierre qui ne soit détruite ^ Si cela était autrement, je vous plaindrais et je souffrirais une peine plus dure que la mort, car ce serait une marque que vous ne seriez pas assez souple en la main de Dieu. Sagesse, sagesse, il faut que tu deviennes l'enfance même et la petite enfance*. C'est ce qui vous communiquera Dieu même en plénitude. Dieu n'établit les choses que par leur