‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 224 sur 350 · I. Joël, II · texte numérisé non relu

I. Joël, II

3. Fénelon, Manuel de Piéiè, sermon pour le jour de saint Thomas, t. VI, p. b\,g : « Esprit destructeur... défaites tout, pour tout refaire.»

3. Vie de Mme Guyon, III" partie, eh. vi|, édil. cit., t. III, p. 78 : « O Esprit consommateur de tout<?s choses, réduisez tout en un ! Mais avant que cela soit, vous serez un esprit destructeur. »

h: Cf. fragment d'autobiographie, p. 8 et n. 4.

176 FÈNELON ET M-» GUYON

son Esprit. Je ne vous lais poînl d'excuse, car il faut que j*oboisse sans réplique à mon Maître. Il me donne bien de l'envie de vous voir. Il a du dessein en cela. L'aprèsdiner je me suis sentie tout à coup saisie d'un je sais quoi de très fort ; il m'a fallu retirer à part, quoique assez proche du repas» pour donner essor à mon cœur, qui crevait*. lime semblait que ce qui m'était donné pour vous dans ce moment, ne trouvant pas. assez d'issue, était comme une eau qui tourne et qui enlin redonde^ sur elle-même, en sorte que le cœur ne peut tout porter. Il désire toujours plus s'écouler dans le vôtre. Ce i5 juin 1689.

LXXII. — FÉNELON A M'nc GUYON ^ A vous parler ingénument, Madame, j'aime mieux

1. C'est une réédition de la fameuse scène de Beynes, que Bossuet a rendue si célèbre {Helation sur leQuiHisme, section II, ^6, édit. Lâchât, t. XX,p.93),et que Mme Guyon a racontée elle-même dans des termes très voisins de cette lettre : « Lorsqu il iallutme délacer, c'était à Beynes. Mme de Gharost y était, et mon corps creva. Je sentis alors comme une rivière, qui, trouvant une digue, surmonte du côté de sa source » {Lettre au due de Chevreuse du 5 février lOg^ \CEuvres de H'énelon, t. IX, p. 19, g\). Dans sa Vie^ après avoir fait de la scène un récit plus détaillé, elle ajoute : « J'ai encoj'e eu d'autres plénitudes, qui m'ont fait beaucoup souffrir en différents temps ; et souvent je m'en déchargeais sur mes enfants les mieux disposés, quoiqu'ils fussent absents ; et je sentais qu'il s'en écoulait de moi dans leurs âmes » (III» partie, chap. I, édit. cit., t. III, p. 8). On voit ici un de ces cas de « plénitude ».

2. Mot très rare, et simple transposition en français du latin redondare, qui se rencontre plusieurs fois chez les prophètes, dans la traduction do la Vulgate : cf. Is. LVII, 20. Ezech XLVII, 2, Joël, II, 2l\. On le trouve dans Saint François de Sales, Traité de l'amour de Dieu, I, xv : « Vos mammelles sont encore meilleures, elles pre^'sent vostre poitrine par des esclaves continuolz, poussant leur laîct qui redonie^ comme req»icrant destre deschargecs » (Édition des religieuses de la Visitation, Annecy, 189/4, t. IV, p. 7G.)

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