‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 225 sur 350 · Lettres chrétiennes^ t. V, Lettre LXXVII, p. [\i(^-[\2i · texte numérisé non relu

Lettres chrétiennes^ t. V, Lettre LXXVII, p. [\i(^-[\2i

FÉNELON A M-e GUYON 177

que vous veniez à P[aris qu'à B[eynes]. A P[aris], nous ferons très facilement ce que vous me proposez. Pour B[eynes], il m'est impossible d'y aller maintenant. Je meurs d'envie de vous voir*, et je ctois vons' devoir dire, que vous devez agir avec moi sans hésiter et avec moins de précaution. Quand vous serez à P[aris], vous n'aurez qu'à m'avertir. La chapelle de M. de G. à Saint Jacques^ est faite exprès pour vous recevoir au confessionnal^ l'après-midi.

Vouspourrez aussi voir cequeM. F[oucquet?]' vous veut montrer. Mais je crois qu'après avoir vu tout ce qu'il voudra vous faire voir, il faudra écouter aussi M. de V[aux] * et voir tout ce qu'il aura à vous montrer. Peut-être tirerez-vous de ces deux examens rassemblés quelques bons éclaircissenaents. Peut-être que M. de V[aux] sait mieux que M, F[oucquet], ou qu'elles sont changées en mieux depuis que

I. Lettre à la comtesse de Montheron du 8 août 1709, t. VIII, p. 701, g: « Je 'meurs d'envie d'aller vous voir, ma chère fille » ; cf. plus loin lettre du ai août 1689, p. a6/î.

a. Sans doute Saint-Jacques-du-Haut- Pas, où Fénelon avait plusieurs fois prêché ; cf. abbé J. Grente, Une paroisse de Paris sous l'ancien régime. Saint- Jacques-du- Haut-Pas ( 1 506- 1 798). ' Paris- Auteuil, 1897, I vol. in-ia, p. 69.

3. Je crois que cette initiale doit désigner ici Gilles Foucquet, frère du surintendant, premier écuyer de la grande écurie du Roi, confident de Mme Guyon, dont elle a parlé plusieurs fois dans sa Vie (t. III, p. i3o, 171). Quand en 1G93, elle quittera Paris, M. Foucquet sera seul à connaître sa retraite (cf. Introduction II, § 1, p. un). Oncle de son futur gendre, c'est lui qui sans dout€ servit d'intermédiaire dans les négociations du mariage.

II. Neveu de Gilles Foucquet et fils aîné du surintendant, Louis- Nicolas Foucquet, vicomte de Mclun, etc., titré comte de Vaux, était né en jan>ier iGô^. Il deviendra le gendre de Mme Guyon deux mois plus tard. Cf. Lettre du 17 juillet et lettres suivantes.

178 FENELON ET M-" GUYON

M. [Foucquet] ne les voit plus. Je dis peut-être, et je n'ai garde d'en dire d'avantage ; mais la chose mérite d'écouter sans prévention les deux côtés. M. de V[aux] prétend vous parler avec une ingénuité, dont vous ne pourrez douter. Il ne sera pas mauvais que vous soyez prémunie des mémoires contraires, quand vous écouterez ce qu'il aura à dire ; ainsi il vaut mieux commencer par M. F[oucquet].

Je ne vous dirai rien aujourd'hui sur moi, parce que je remets tout à la prochaine entrevue. Cependant je fais ce que vous m'avez mandé. Je suis à vous avec une reconnaissance proportionnée à ce que je vous dois. C'est tout dire, Madame. Ce 16 juin 1689 '.

LXXÏIL. - M^nc GUYON A FÉNELON a

Vous ne sauriez croire la joie que vous me donnez, de vouloir bien que je vous voie où vous me marquez. Il me semble que Dieu le veut, et que votre âme en recevra des forces toutes nouvelles. C'est tout mon penchant que d'agir avec vous, comme vous me marquez.'. Il me semble que Dieu le veut, mais j'attendais qu'il vous donnât la disposition de correspondre à mon attrait, qui augmente chaque jour, loin de diminuer. Je vous écris une très grande lettre *, sans pouvoir y résister. Il semble que je ne sois au monde que pour vous, tant Dieu m'y a appliqué fortement. Je serai samedi au soir ^ à

I. Cette lettre est la réponse à la Lettre LXX, p. 169^.171. a. T. V, Lettre LXXVIII. p. /iai-a.

3. C'est-à-dire « sans hésiter et avec moins de précaution ».

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