juin
Paris. Je vous verrai lundi, si vous le voulez bien. Je ne manquerai pas de me rendre où vous me dites. J'irai vous voir dès le dimanche, mais je crains de vous incommoder. Si le jour vous agrée, un petit mot me fera courir, pour vous assurer de ce que je vous suis en Notre-Seigneur. Ce 1 6 juin 1689.
Je ne pus^ point vous parler hier, et tout ce que je disais, n'était que par violence et sans nulle correspondance intérieure , à la réserve de ce qui me regardait moi-même, que j'avais facilité de dire, et que j'eusse poussé plus loin, si on l'avait exigé de moi : la raison de cela était que les choses, que je disais de moi. étaient une démonstration des mêmes choses que vous savez. Mais, com me il ne s'agit pas de convaincre ni d'éclairer votre esprit très convaincu et plus que suffisamment éclairé, je compris et sentis d'abord que ce n'était pas la manière, dont Dieu voulait que je vous parlasse. Je n'avais d'inclination que pour le silence ; mais, comme je ne trouvais pas de votre côté ni toute l'attention du -cœur, ni tout le silence de l'esprit, cela n'avait pasTeflet -que Dieu en prétendait. Il a permis que je m'en allasse avec vous, pour vous apprendre qu'il y a un autre langage, lequel lui seul peut apprendre et opérer. Il n'emplit le cœur de l'onction pure de la grâce, que pour vider l'esprit; et il ne donne que pour ôter : c'est une expérience qui demeure, lorsque la conviction de l'esprit est ôtée. Je vous demande donc audience de cette sorte, de vouloir bien cesser toute autre action, et même autre prière que celle du silence. Lorsque l'on a une fois appris