Sur ces « plénitudes », cf. Lettre LXXI, p. 17O et n. i
7 . « Ses défauts (de Fénelon) seraient peu de chose pour un autre » ( Lettre de Mme Guyon au duc de Chevreuse au 17 octobre iCgS, I*' Recueil Chevreuse, p. 35).
dans un autre, empêchait en vous l'entière largeur et étendue que Dieu veut qui y soit. La pratique de tout laisser tomber est admirable *, mais c'est cependant une action, qui, quoique très simple et quasi indistinguable, — qui est si utile à tous et à laquelle je tâche de faire tendre tout le monde, — est quelque chose pour vous, qui êtes appelé à un large infini '^, parce que Dieu veut être votre portion très abondante. Laissez donc tout entrer sans dislinclion. Lorsque Ion veut remplir quelque chose, l'on remplit pour le dilater, et alors cette simple action de tout laisser tomber n'est plus de saison. Je ne sais si vous mecomprendrez*. Ne croyez pas queje vous demande pour cela aucun travail : non, mais une simple acquiescement, sans ce je ne sais quoi de dire: je ne veux rien*; acquiescez simplement, car il y a des temps que Dieu veut cet acquiescement ; et c'est la seule et unique activité, — si l'on peut appeler de cette sorte une chose si simple, — que Dieu veut de vous. 11 me paraît que les lectures générales ne vous conviennent point, que Dieu vous fournira pour vous seul ce qu'il vous laudra. L'amour veut dilater infiniment votre cœur ^. Acquiescez par petitesse à ce que je vous dis, quand même vous ne connaîtriez pas encore que je vous dis la vérité. Si vous pouviez lire quelque chose des Béatitudes ^ ! Renvoyez les livres qui vous incommodent à M. [de Ghevreuse] '^.
1. Sur cette formule ainsi raffinée, cf. Lettre VIII, p. 3i et n. 2.
2. Ce « large indni », Fénelon le prêchera plus tard lui aussi à tous SCS dirigés ; cf. en particulier Lettre d la comtesse de Montberon du. 3o novembre 1707, t. VIII, p. 08(5, g ; cf. encore id., p. 68ij, ^, 4y6, ^, 643, g, etc. ; cf. plus haut. Lettre XXVII, p. 76 et n. i ; et pour Fénelon, Lettres du i8 juillet, p. 218 et du i»' octobre, p. 285.