Cf. Lettre VI, p
rs
Oardez rÉvangile de St. Mathieu, si vous voulez, afin que, s'il vous venait quelque forte envie de l'ouvrir, vous le 'lissiez. Il m*esl venu plusieurs lois de vous dire, que ce que vous avez lu dans le B. Jean de la Croix de <( la nuit de la volonté ' » n*est pas pour vous : il faut que chez vous la plénitude de la volonté fasse la nuit de l'esprit, et même celle de la volonté, non en la privant, mais en la noyant. Dieu se sert des choses opposées au naturel et au tempérament. Il n'en sera pas de [l'abbé de] L[angeron]^, qui demeure avec vous, comme de vous. Dieu le traitera bien différemment. L'on ne peut être plus à vous en Notre-Seigneur. Ce 3 5j uin 1689.
Je ne sais pas, Madame, sije m'explique mal ou si je ne vous entends pas assez bien ; mais il me sembleque j'entends ce que vous voulez, qui est que, nonobstant cetteinvolonté* générale pour tout ce qui est distinct et particulier, je dois vouloir par petitesse tout ce qui m'est donné et déclaré par vous. Je suis persuadé qu'autant qu'on serait rétréci par la propriété de la volonté, si on \oulait par soi-même quelque chose, au préjudice de l'abandon sans réserve, autant se rétrécirait-on, si, par pratique et par crainte, on refusait de se laisser à l'Esprit de Dieu, pour vouloir tout ce qu'il veut qu'on
1. La Montée du Mont-Carmel, livre III, chap. iv sqq. : « Où il commence à traiter de la nuit obscure de la volonté » (Édit. cit. de iC65, p. 129 sqq.).