‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 239 sur 350 · Même sentiment dans la Lettre XIII ; cf. p. 45 et n · texte numérisé non relu

Même sentiment dans la Lettre XIII ; cf. p. 45 et n

celte langaear et cette distraction, la solituile et le silence me soulagent. Je suis content, pourvu que je sois seul dans ma chambre, à m'amuser à des riens^ comme un enfant'. Il y a céans un enfant de deux jins et demi, avec lequel je joue quelque fois un moment'; mais pour les grandes personnes, elles m'incommodent: je ne sais que leur dire; leurs discours me déplaisent. Je trouve néanmoins que, quand il faut que j'aille en certains lieux et que je parle pour le besoin, je me ranime. Si je raisonnais, sur cet état de langueur et d'impuissance, je ne me croirais propre à rien. Il me semble que Dieu veut m'alterrer et me faire invalide, avant que de me mettre en œuvre. J'ai sur tous les desseins connus et inconnus de Dieu un certain amen continuel au lond du cœur pendant tout mon silence*.

Pour l'union avec vous elle est intime, et, quoique je ne puisse, dans mon degré, correspondre avec tout ce que Dieu vous donne pour moi, j'ose me rendre ce témoignage que je fais k proportion autant que vous. J'attends votre réponse sur les choses que je vous ai

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la lettre du i5iu

3. « L'habitant de la âli uintc (loite au fond de son cœur un /al .'tun amm continuel ii {Lettres spirilaetles, t. VIII. p. 571. g); « Il dut chmitcr dans votro cceur cet amea... dont rctenUl la céleste Jcru- Hlem : c'est un acquiescement continuel ï la volonté de Dieu 11 {Id,, id., p. 53fl, d): cf. encore /«IruclioBi, t. VI, p. 1S7, g. et pldi haut Lettre XXVlll, p. 73 cl n. 6.

mandées, touchant M. deB[eauvillier]*. Ne ménagez rien, et dites-moi tout ce que vous croyez que je doive faire. Je vais pour deux jours à la campagne avec M. de P[aris(?)]. Ce 5 juillet 1689.

Peut-être m'attendrez-vous ou m*auriez-vous cherchée. C'est pourquoi j'ai cru devoir vous avertir que^ quelque besoin que j'aie de vous parler, je ne le pourrais devant"* lundi. Car j'ai été trente heures aussi mal que l'on puisse d'une licvre violente avec des redoublements et des douleurs d'entrailles étranges. Les douleurs m'ont quittée de hier au soir. Du moins elles sont légères et rares. La fièvre n'est presque plus rien. Le matin il ne me reste que la l'aiblesse. Je me trouvais déjà si mal mercredi que je ne pus qu'à peine vous répondre, quoique je ne vous témoignasse rien.

Mon cœur a été si uni au vôtre durant toutes mes douleurs, qu'elles n'ont servi qu'à nous serrer plus en Dieu, qui me semble être d*autant plus la vie de l'âme, ~ non sensiblement, mais très intimement, — que le corps est accablé.

11 y a en vous un feu secret, qui brûle continuellement,, quoiqu'insensiblement. 11 n*est jamais un moment sans exercer sur vous son activité secrète ; et, quoique sa flamme ne fasse aucun éclat, il ne laisse jamais un moment son sujet, et il le consume peu à peu, et le transforme insensiblement en lui-même. Cette sourde, mais

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