Dans la lettre écrite la veille, p
2. Premier paragraphe, t. V, p. 2i4-2i5; le reste tle la lettre, t. I, Lettre GXGIX, p. 567-571.
3. Vaugelas (édit. cit. , t. I, p. ^35) ne distingue pas avant gI devant.
continuelle opération, est ce qui vous rend tout languissant ; et elle consume Tâme aussi vite que des opérations plus sensibles et plus violentes, parce que cette première opération est continuelle, et qu'elle a un degré de chaleur assez fort pour détruire son sujet sans nulle relâche, et que les autres au contraire ont beaucoup d'inégalités. C'est là et ce sera, autant que je le comprends, votre plus ordinaire état ; ce qui n'empêchera pas que Dieu ne jette quelquefois pour peu de temps l'huile de son onction sur le feu caché qui vous brûle : ce qui en donne dans ce temps une douce et claire manifestation.
Lorsque vous dites que la présence de Dieu vous est moins facile * , vous vous trompez ; car, quoique vous l'aperceviez moins, elle est bien plus continuelle, son opération sur votre âme n'est jamais interrompue. Deux choses vous feront remarquer cette présence cachée et desséchante : la première, cette inclination secrète pour la solitude, qui marque une opération secrète, quoique dérobée aux sentiments de l'âme : et ces opérations abattent plus le corps que celles qui sont sensibles, car les premières semblent tout dessécher, et les secondes fortifient. L'autre preuve de l'opération continuelle, qui se fait en vous, sans que vous la connaissiez, est cet amen continuel^ pour toutes choses, cet abandon, cette simplicité et petitesse, que je vois s'accroître chaque jour, ^t qui me sont des preuves évidentes (quand je ne le connaîtrais pas par le sentiment intérieur que j'en ai), que le Maître vous rend tous les jours plus conforme à lui, et perd chaque jour votre volonté en la sienne. Cet amour continuel ne se peut jamais faire sans un très grand amour de la volonté de Dieu, quoique l'état de foi et de généralité où est l'âme, ne lui laisse pas penser à