T. V, Lettre XC, p. t^l^^]^[^b
2Î4 FÊNELON ET M"'» OUYON
par vous. 11 est vrai que, quand je reçois quelque instruction, je n'en ai point une joie sensible. C'est un acquiescement simple, quelquefois même froid et sec, mais doux, prompt, facile, paisible, et qui est du fond du coeur. Alors on pourrait se tromper sur ma disposition, car je crois avoir dit tout en disant ou/. La brièveté des paroles ne me parait point une sécheresse, au contraire, c'est la multitude des paroles qui me paraît affaiblir et dessécher le discours*. Il faut pourtant convenir que mon intérieur est fort sec, mais je ne crois pas entretenir cette sécheresse, ni par indocilité aux avis que vous me donnez, ni par résistance aux mouvements intérieurs, ni par dédain pour les .' petites choses ; au contraire, je goûte la simplicité et ; l'enfance, plus qu'il ne paraît. Mon air est grave et sec, mais jamais assez à fuir l'enfance^. Pour les choses de la voie intérieure, dont il est question, j'y entre sans peine ; et il y a bien des choses, sur lesquelles on veut me préparer de loin, de peur de me scandaliser, dont j'avais déjà les principes dans la tête avant qu'on me les dît ^ ; en sorte qu'après les avoir écoutées, je n'en parais pas fort touché ; c'est que je les approuve simplement. S'il fallait par complaisance s'étendre davantage en paroles, pour témoigner mon approbation, ma sécheresse naturelle et extérieure me
1 . a La muUilude des paroles que nous prononçons sont inutiles à regard de Dieu » (Manuel de Piété, t. VI, p. 5, g).
3. Conjecture de Dutoit ; le texte de la copie qu'il avait entre les mains porte : d faire l'enfant.