II. Dans l'entrevue de la veille
FENELON A M™» GUYON 223
pour mettre beaucoup en peu de mots *. Ce a 3 juillet
XGIII. — FÉNELON A M«»« GUYON 2
Je vois bien, Madame, que, pour travailler à ce qu'on appelle ordinairement perfection, il faudrait me corriger de ma sécheresse ; mais je ne vois pas qu'elle cause en moi une résistance volontaire aux mouvements que Dieu me donne, et c'est ce qui me console daiis mon imperfection. J'ai de deux sortes de séche- . resse : l'intérieure par rapport à l'oraison et aux choses spirituelles; l'extérieure, par rapport au commerce avec le prochain. Pour la sécheresse intérieure, je n'en suis pas en peine. Vous savez que c'est une épreuve donnée et non une imperfection volontaire. Cette épreuve sert à éprouver la foi et à faire mourir à tout ce qui n'est pas Dieu. D'ailleurs je ne me la procure jamais volontairement. Au contraire, je lis avec plaisir ce que l'on me donne. Si on cessait de me donner des choses nouvelles, je relirais celles que j'ai déjà. Si je sentais du besoin, je demanderais secours. Mais, quand je suis en paix et que je ne sens aucun besoin, je ne demande rien, et je me contente de recevoir avec plaisir ce que Dieu, qui connaît mon besoin, quand je ne sais pas le connaître, m'envoie
1. Ce « peu de mots » de Mme Guy on formera, je crois, la Lettre XGIV, p. 328-235.