I. Sur cet accord, cf. Lettre II, p. 17 et n. -j
a. Fénelon, Insluctions, XXII, t. VI, p. lai, d : « On trouve dans
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mais c'est toute autre chose d'être rendue agissante, sans agir propre, et surtout, lorsque Dieu exige de Tâme cent choses différentes, où elle ne voit pas d'autre raison que celle du vouloir divin et de son domaine absolu sur sa créature, auquel elle cède volontiers. C'est une expérience que peu d'âmes lont, parce qu'il y en a peu d'assez courageuses pour mourir au point qu'il faut*. Une telle âme est un prodige, car elle a un courage et une fermeté incompréhensible, pour exécuter, quoi qu'il en coûte, ce que Dieu veut d'elle, et une impuissance pour ce que Dieu ne veut pas, une faiblesse d'enfant pour ce que Dieu n'aime pas.
Pour vous. Monsieur, qui m'êtes plus que je ne puis exprimer, puisque vous êtes dans le plus profond de mon cœur, vous éprou>erez toujours dans le besoin un secours plus aperçu *. Dieu ne vous abandonne pas d'un moment. Il vous aime singulièrement, selon le témoignage qu'il en a gravé dans mon cœur. Mais Ton n'aperçoit pas toujours cet ami secourable à cause des ténèbres qui l'environnent, parce qu'il a choisi les ténèbres pour cachette. Mais, si l'on avait besoin d'appui ou de secours, il est prêt ; si l'on bronche, l'on sent sa main, qui sou-
la souplesse que Dieu demande pour une infinité de petites choses, plus de renoncement et plus de morts à soi, qu'il n'y en aurait dans de grands sacrifices. » Fénelon, lui aussi, prêchera la souplesse à ses dirigés, presque dans les mêmes termes; cf. Lettre à la duchesse douairière de Aîoriemart du H'j juillet 1711, t. VII, p. 348, d : « Rien n'est meilleur que de demeurer sans mouvement propre, pour se délaisser avec une entière souplesse au mouvement imprimé par la seule main de Dieu »; cf. encore Lettre au duc de Chaulnes du 6 juin 171 4, t. VII, p. 386, g : « Il faut se laisser rompre en tous sens et perdre toute consistance propre dans la main de Dieu, pour la laisser faire. »
1 . Jd., Manuel de Piété, sermon pour le jour de saint Thomas, t. 'VI, p. 54> t/ : « Hétas I où est 1 ame courageuse, qui veut bien n'être rien, et qui laisse tout tomber, tout perdre, etc. P »
2. Allusion à là fin de la lettre précédente, ù laquelle celle-ci répond «
tient et empêche de tomber; et c'est alors qu'il se fait apercevoir; comme un aveugle, qui est accompagné, sans qu'il y pense, d'un ami fidèle, il sent qu'il Je soutient beaucoup, lorsqu'il y pense le moins. Dieu est toujours présent à notre âme, il se cache souvent par amour, afin de nous faire courir plus fort et nûment à notre terme. Mais cet ami secourable est toujours si présent, et se manifeste sitôt que l'agitation ou l'affliction nous surprennent. C'est véritablement l'ami fidèle*. Il n'y a que lui, qui puisse véritablement porter ce nom et ceux qu'il rend participants de sa fidélité Je ne vous dis pas que je partage vos maux et vos biens, car je crois que vous n'en doutez pas. Ce i3 août 1689.
J'ai eu toute la joie, dont je suis capable, de la justice que Sa Majesté vous a rendue ^, mais je n'en ai été nullement surprise. J'étais si certaine que cette charge vous était réservée, que je n'en pouvais douter *. La dernière fois que j'eus mouvement d'aller à votre messe, il me sembla que je ne pourrais le faire dans la suite que difficilement. Je pensais que c'était peut-être à cause de
1. Fénclon, Lettre au yidaine d' Amiens du i5 novembre 1710, t. VII, p. 332, g-d: « La vie n'a d'adoucissement que dansTamilic, et ramiiiése tourne en peine inconsolable. Cherchons l'ami qui ne meurt points et en qui nous retrouverons tous les autres. »