I. Jean, XIV, i
î. Le 111" et le IV* livre» d'Esdcos ne font plus partie Aet recueil c.inaniqties ili- In Hililo rlciiuis 1c Concile de Trente. Les veneta cité ici |iar Mme Guyon conlimnint le début des révéLiUons faites ù Eadras
H. Cellfl Icltro doit l^lro île In lin d'août.
Ji. T, V. Lcli™ XLVI. p. 33((-35i.
5. Dangcau, Jeumaf. éiUt. cil., t. 11. |>. I^h^■», : « Dimanchs ?: (uoai 1G89) ï Versoilln. — L'onlinnire de Flandre n apporta le lettres de M. le maréchal d'Humicres (sur l'engagement de cavaleri de Yalcour).., Liste des niorls et des blessé* ii l'aciioa de Valcour IJeutenants (du régiment des gardes)... Gayon : brùs cassé. »
G. Dangeau. id.. id., p. ',':«}■. 1 Lupdl 59 (août 1689). — M. l
Je n ai aucun travail aperçu. Je fais beaucoup de fautes extérieures. Il y en a même plusieurs, qui vont au dedans et qui marquent qu'il échappe de petites saillies à la volonté; mais je ne veux pourtant que ce que vous savez'. Et, quoique mes fautes me causent une humiliation cuisante, je veux non seulement porter cette humiliation, mais encore sans exception toutes les suites les plus terribles que Dieu veut y attacher. Ce que je vois, quoique nouveau et flatteur pour moi, ne m'entre point au cœur, et je ne puis m'empêcherde me rendre ce témoignage, que cen'^est pas là ce que j'aime^. Dieu sait où il met mon amour, et c'est à lui à le garder. Je ne m'embarrasse point de certaines fautes de prudence, que j'aperçois, aprè's qu'elles sont faites, vers ^ les personnes avec qui il semble qu'il faudrait le moins en faire; mais il me semble que la terre ne peut me manquer, et que Dieu me mène à son but, autant par mes fautes que par tout le reste.
Vous m'avez promis de m'envoyer quelque chose de votre façon sur mon nouvel état; j'espère que vous aurez cette bonté. Je voudrais bien aussi que
marquis de Vaux, fils de M. Fouquet, épousa ici, il y a trois jours, Mlle Guyon, fille très riche (?), qui n'a qu'un frère [inexact, elle en avait deux] qui vient d'avoir le bras cassé à Yalcour. » Sur Mlle Guyon et les négociations de son mariage, cf. Lettre du 1 5 juin et lettres suivantes, p. 177, n. 4, etc.
1. C'est-à-dire : tout et rien ; cf. Lettre du 28 mars 168g, p. 89.
2 . Cf. la lettre bien connue à la comtesse de Gramont : (( Il y faut (à Versailles) un visage riant, mais le cœur ne rit guère, etc. » (4 juillet 1695, t. YIIl, p. 61/1, d).
3. Sur cet emploi de vers au sens d'envers, cf. Lettre LIV, p. i58.
if
VOUS me fissiez entendre en deux mots comment va le nouveau ménage. Les petits nuages sont-ils dissipés? Quelle joie aurai-je de vous savoir en profonde paix ! Et, quand M. de C [hevreuse] viendra à Versailles, je lui donnerai ma petite cassette, où sont toutes mes lettres, pour les faire transcrire V Je suis de plus .en plusimi à vous. Madame, en Notre-Seigneur, et j'aimerais mieux mille fois être anéanti que de retarder un seul instant le cours des grâces par le canal que Dieu a choisi. Si Dieu vous donne quelque mouve.ment de prier [pour le Roi] et pour [le petit Prince]*, faites-le, et je vous recommande aussi [Desmarets] *, qui est fort blessé. Ce 3i août 1689.
CVI. — FÉNELON A Mn»<* GUYON* J'espère que Dieu conservera ce cher fils^, qui est
1. Sans doute les lettres mêmes que Fénelon écrivait à Mme Guyon, et qu'il demandait de lui renvoyer ; cf. Lettre du 36 novembre i68g, p. 3a6 et n i.
2. Texte de Dutoit : prier... et pour... faites-le; mais la restitution est certaine ; cf. la Lettre de Mme Guyon du 28 septembre, p. 276.
3. Je conjecture ici le nom de Desmarets (peut-être quelque parent do Godet- Desmarets, évêque de Chartres) parce qu'il s'agit évidemment d'un blessé de l'afTaire de Valcour et que la liste donnée par Dangeau (cf. p. 269, n. 5) porte précisément (p. 458) : « Desmarés^ fort blessé. y>
h. T. V. Lettre XLYIII, p. 348-35o.
5. Je pense qu'il s'agit ici du blessé de Yalcour, Armand-Jacques Gijyon, seigneur de Briare et de Ghampoulet, lieutenant aux gardes françaises, qui quitta le service après sa blessure, et se maria trois ans après. C'est chez lui ou plutôt près de lui, dans une terre de sa femme, ù Diziers, que Mme Guyon se retirera en 1703 au sortir de la Bastille. Son second fils était Jean-Baptiste Guyon de Sardières, capitaine au régiment du roi, qui mourut célibataire à Paris en 1762 (cf. Guerrier, Mme Guyon, /oc. cit., p, ^76).
272 FÈNELON ET M~ GUYON
le fils, non pas de vos larmes, mais de votre foi. Pour les choses dont il doute, je n'en saurais être en peine : il n'y a que de mauvais philosophes qui puissent par leurs livres, inspirer de tels doutes. Rien ne périt, rien ne s'anéantit dans la nature. Quand les touts se corrompent, les parties ne font que changer de figure, mais aucunes ne cessent d'être. Si donc les êtres même les plus vils ne s'anéantissent jamais, comme les corps grossiers et inanimés, à plus forte raison les êtres raisonnables qui le connaissent et connaissent tout le reste ; ils peuvent cesser d'être liés à de certains corps, mais ils ne peuvent jamais cesser d'être*. Encore une fois on ne voit point clair, quand on ne voit pas cela^. D'ailleurs l'immortalité de l'âme se trouve liée avec le Christianisme, dont les preuves en détails sont infinies. 11 faudrait un livre ^, non pas une lettre, pour les rapporter ; et à peine puis-je dérober un demi-quart d'heure pour vous écrire. Ce serait peut-être les sujets de longues conversations, si Dieu, comme je l'espère, ramène Monsieur votre fils en ce pays. Mais il faut qu'il compte qu'il n'y a que
1 . (( Le corps n*cst point anéanti. Il n y a pas le moindre atome qui périsse... La machine se dissout et se déconcerte, mais, en quelque endroit que la corruption ou le hasard en écarte les débris, aucune parcelle no cesse jamais d'exister, et tous les philosophes sont d'accord pour supposer qu'il n'arrive jamais dans l'univers l'anéantissement du plus vil et du plus imperceptible atome. A quel propos craindrait-on l'anéantissement de cette autre substance très noble et très pensante que nous appelons l'âme ? » (Lettres sur la religion, II, II, t. I, p. 107, g).
a . Terte de Dutoit : quand on voit par cela .
3. Les Lettres sur la religion seront comme l'esquisse détaillée de ce livre que Fénelon n'a pas écrit.
M">« GUYON A FENELON 273
hardiesse et qu'ignorance chez les hbertins. lis méprisent et attaquent tout en gros, mais en détail la force de la religion bien examinée les accable. Quand il voudra en faire l'expérience, il verra, les livres à la main, que l'impiété est la faiblesse même. Ils ne savent ni l'esprit de la religion ni ses preuves *. Pour moi, je suis ici dans une agitation et même occupation continuelle, et je ne puis me mettre paisiblement devant Dieu ; mais mon cœur est toujours uni à lui, et je l'y trouve dans tous les moments de liberté. J'espère qu'après ce premier temps je serai plus à moi, et aux choses dont il faut se nourrir. Pour le fond, c'est toujours la même chose. Je vois bien des choses qui devraient me faire plaisir, mais Dieu les tempère, en sorte que mon cœur ne veut ni ne trouve à se reposer en rien. C'est la colombe de l'Arche, contrainte de revenir. Je bénis Dieu de tout ce qu'il vous donne. Quand nous reverrons-nous - .^ Je ressens toutes vos douleurs et toutes vos consolations jusqu'au fond du cœur. Ce 12 septembre 1689.
1 . « Toutes les fois que vous voudrez examiner les fondements de la religion, vous reconnaîtrez sans peine qu'on n'y peut opiK>ser rien de solide, et que ceux qui la combattent no le font que pour ne se point assujétir aux règles de la vertu » (Lettres spirilueltes, t. VIII. p. 466-7). — « Vous connaissez les vrais fondements de la religion et la faiblesse de tout ce qu'on lui oppose, etc. » {id., id., p. /i^o, d).
2. Mme Gnyon étfiit alors à la campagne, près de sa fille ; cf. sa Vie (III* partie, chap. x), édit. cit., t. III, p. 120 ; « Ma fille fut mariée chez Mme de Miramion, et je fus obligée à cause de son extrême jeunesse [i3 ans, comme on a vu] d'aller rester quelque temps avec elle. J'y restai deux ans et demi. » Pendant tout ce séjour, Mme Guyon ne vint à Paris qu'à de rares intervalles. C'est cet éloignement et les nouvelles occapations de Fénelon qui vont maintenant ralentir la correspondance.
274 FENELON ET M^^ GUYON
GVII. — U^^ GUYOM A FENELON *
J'ai bien des choses à vous dire, car mon cœur est souvent plein pour vous devant le Seigneur. Je comprends toujours plus qu'il vous aime, et les desseins qu'il a sur vous, qu'il établit sur la petitesse. Mon cœur vous goûte de plus en plus, quoique de loin ; et, comme Dieu vous veut faire le père d'un grand peuple ^, il veut jeter de profondes racines de votre édifice spirituel ; il veut vous donner un cœur docile pour conduire un grand peuple. La demande que Salomon fit au Seigneur est admirable : il ne demande point un air d'autorité pour se faire craindre, mais un cœur docile^. Plus votre cœur sera docile, comme un petit enfant sans raison et sans résistance, plus vous serez comme Dieu vous veut, plus vous serez propre à ce à quoi il vous destine. Le don de la véritable sagesse, c'est cette docilité du cœur. Craignez plus que la mort de refuser à Dieu, quelque chose qu'il veuille exiger de vous, ce que votre docilité ne vous laissera pas ignorer. Que le respect humain et le conseil des autres ne vous lasse jamais agir contre votre propre cœur. Ceci vous est de la dernière conséquence et, pour vous, le fond de toutes choses. Ne craignez pas de faire des fautes avec cette docilité de cœur. Si vous en faites, ce sera par hésitation ; allez donc par là avec une fidélité invariable, car le Seigneur sera avec vous : il vous enseignera toutes choses ; il vous mettra, il mettra dans le moment dans votre bouche ce que vous avez à dire, mais suivez-le inviolablement. La fidélité sera lumineuse ; mais, si vous étiez infidèle, vous