‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 290 sur 350 · Cette suspension est dans le texte de Dutoit · texte numérisé non relu

Cette suspension est dans le texte de Dutoit

268 FKNELON ET M- GUYON

Je me sens pressée de vous dire qu*il est de conséquence de savoir qu'il y a des âmes que Dieu choisit d'abord, et sur lesquelles il a des desseins, mais elles s'égarent et quittent par leurs fautes la voie du Seigneur. Cela n'empêche pas que leur appel et leur grâce n aient été véritables, comme il est vrai de Judas à l'apostolat, et de Salomon. Il y a deux sortes de ces personnes : les unes déchoient véritablement et ne reviennent plus ; les autres au contraire ne font que s'égarer et reviennent. Jésus-Christ ne s'était pas trompé en cet Apôtre, ni Dieu en Salomon ; mais ce sont des promesses conditionnelles, comme celle» qui furent données au peuple Juif: son égarement n'empêchait pas qu'il neût été choisi de Dieu ; Dieu le punissait; mais après un long châtiment, il retournait en sa grâce. Je vous assure que M. J.* retournera au Seigneur, et que, malgré son égarement, qui sera très long, il est un vase choisi : c'est pourquoi je vous prie de ne lui point nuire. Je le ferai sortir, si je peux ; si je ne le puis, il faudra prendre la voie de ses supérieurs. J'ai été plus certifiée encore que vous serviriez à N., et que c'est vous qui avez pris pour cela la place de..., lorsqu'il me fut arraché ; et cette pensée m'est imprimée ; son épiscopat sera donné à un autre^...

Lorsque l'on m'interroge sur les choses que j'ai dites ou écrites, je reste interdite, et il ne me reste aucune idée, à moins que Notre-Seigneur ne me le rappelle. Mais il permet souvent qu'on me parle des choses sur lesquelles il ne m'a donné nulles lumières, parce qu'il a dessein de m'éclairer après là-dessus. Je vous dis tout simplement ce qui me vient dans l'esprit.

I. L'allusion faite plus loin à « ses supérieurs » me donne à croire qu'il s'agit ici de M. Jasseaux, prêtre de la mission et confesseur de Mme de Maintenon. Il était du parti « guyoniste », et travaillera plus tard activement à faire rentrer en grâce Mme Guyon auprès de Mme de Maintenon (Phelippeaux, loc. cit., t. I, p. 3o). . 2 . Dans le texte de Dutoit, la phrase s'arrête sur les points de suspension.

rait une vie pleine de vicissitudes, s'il ne vous avait point. Dieu vous l'adonné, ayez-en soin; il l'aime, quoiqu'il n'ait pas dessein de le conduire jusqu'à la consommation : il y a plusieurs demeures dans la maisondu

Depuis ma lettre écrite jusqu'ici, j'ai une certitude queN. voas était donnée. Il faut de la patience, car les choses ne s'accomplissent pas d'abord ; mais Dieu le fait attendre et souvent bien acheter. J'ai tiré tout à coup le i^" chapitre du /)" livre d'Esdras', et j'en ai été pénétrée du commencement. Je n'ai pas lu la fin. Lisez, si vous on avez le temps, les cinij premiers versets ^.

J'ai ressenti, Madame, tout ce que je dois sur la blessure de Monsieur votre fils''. On assure qu'elle n'est pas dangereuse. Vous n'aurez de moi aucun compliment là-dessus. Il me suffit d'être sur elle et sur tout ce qui vous touche comme je dois être. J'ai appris que le mariage est fait enfin". Dieu veuille le hénir, et faire sa volonté en eux.

Page 1