I. Cf. Lettre XXXIX, p. io3 et n
a. Cette crainte répond bien au caractère « précautionneux » que Fénelon a déjà reconnu dans d'autres lettres ; cf. Lettre du ii juillet 1689, p. 306, Lettre V, p. 26 et n. i.
éclaire sur le reste. Encore une fois, je suis infiniment uni à vous au delà de tout ce que je puis dire et comprendre. Ce i6 octobre 1689.
J'arrive tout présentement d'un grand voyage, je dis présentement, puisque je n'ai eu que le moment de repos depuis mon arrivée. Je vous dirai, pour répondre à cette première lettre^, que c'était un songe que j'expliquais à Mme de C[hevreuse], où je vous disais en rêvant que vous n'aviez pas de foi en moi, et que vous me l'aviez avoué ; c'était pour la divertir que je lui contais ces fariboles. Jugez si je suis assez folle, pour vouloir que vous ayez de la foi en un néant. Vous êtes toujours bien, lorsque vous êtes comme Dieu vous fait être pour moi ; je suis très unie à vous en Notre-Seigneur. Il le sait, puisqu'il le fait. J'avoue que je réussis mal dans les affaires temporelles, ce qui se vérifie assez bien par leurs mauvais succès^ ; mais je connais clairement que c'est pour hésiter plus que sur les autres, pour trop demander conseil, trop donner au respect humain et à la condescendance, ne suivant pas^ un je ne sais quoi, dans le fond, qui me redresse toujours. Il faut porter les suites des croix attachées à mon peu de courage.
Je vous dirai simplement cependant que, pour les au-