‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 31 sur 350 · Prononcé le 6 janvier i085, t. V, p. 6i6-6a^i · texte numérisé non relu

Prononcé le 6 janvier i085, t. V, p. 6i6-6a^i

INTRODUCTION XXXlll

n'avait pas eu d'épithètes assez dures, assez indignées, pour qualifier la ce monstrueuse » doctrine, qui osait ainsi rabaisser l'apiour de Dieu*. A l'accent passionné de la protestation, on aurait pu sentir qu'il portait déjà au cœur le feu inconnu qui devait le consumer. La force réalisatrice de son imagination s'était communiquée à sa piété. Le merveilleux biblique s'était si étroitement incorporé à sa pensée, qu'elle se mouvait comme naturellement en plein miracle^. On ne l'aurait point surpris en lui montrant quelque David parmi les bergers de Sainte-Modane ; il aurait reçu d'un cœur docile les révélations divines par la bouche d'un pastoureau ignorant, et aurait suivi à l'aveugle '< un Chinois ou un Arabe », s'ill'avait cru envoyé de Dieu^. La sainteté l'attirait. Il voulait la connaître en lui ou chez les autres ; car dans cette première attirance, il entrait peut-être autant d'humaine curiosité que d'amour divin. Le souvenir des grands mystiques du siècle précédent vivait en lui. Il se rappelait François de Sales et Jean de la Croix. Il savait que « sainte Thérèse avait dirigé non seulement ses filles, mais des hommes savants et célèbres * » ; et, sans en avoir conscience, il allait, lui aussi, au devant de sa Thérèse ou de sa Jeanne de Chantai^.

Elle vint à lui un jour d'octobre, vers la Saint-

1. Ghap. XXXVI, t. II, p. i58 ; cf. surtout p. i/ly-iBo le chap. xx\in sur la grâce médicinale eï. « le plaisir pur du chaste amour » (p. i5o, g).

2. Cf. la Lettre à Vévêque d'Arras sur la lecture de l'Ecriture sainli' {1707), t. II, p. 190-201.

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