‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 33 sur 350 · INTRODUCTION XXXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXV

largis : Tune était venue s'y fixer, l'autre y faisait élever ses filles. Toutes deux avaient vécu dans l'intimité de la nouvelle « prophétesse » et lui étaient acquises pour toujours*. Par elles Mme Guyon s'était gagné la sympathie des duchesses de Ghevreuse et de Mortemart. Ce petit concile de duchesses avait proclamé la sainteté de leur amie, et le Moyen court était devenu leur Evangile *. Les conversions se multipliaient : la comtesse de Morstein, la comtesse de Guiche, Mme de Miramion, Mme de Maintenon, d'abord mal disposées ou hostiles, s'étaient laissées séduire, puis dominer. Mme de Maintenon avait elle-même demandé au roi la mise en liberté de l'innocente emprisonnée^. C'était presque le triomphe.

Les duchesses avaient eu jusqu'ici un conseiller spirituel et un ami, dont elles n'entendaient point se séparer. Elles avaient besoin de la consécration deFénelon pour leur nouvelle sainte, car elles espéraient bien que leur cher abbé partagerait leur enthousiasme. C'est ainsi, sans doute, que fut décidée et organisée l'entrevue de Beynes : « Il la vit, dit Saint-Simon, leur esprit se plut l'un à l'autre, leur sublime s'amalgama*. » Le résumé est trop rapide : « Je sentais intérieurement, écrit Mme Guyon, que cette première entrevue ne le satisfaisait point, qu'il ne me goûtait pas ^. » On voulait à tout prix qu'il la goûtât. On les

1. Phelippeaux, Relation, l. c, l. I, p. 5; Baussct, Histoire de FéneloUf II, § X, au t. X des Œuvres, p. 60, d.

Page 1