T. III, no GXVIII, p
a. Sic. On a vu dans la poésie précédente le même oubli volontaire ou la même négligence.
AUTRE REPONSE DE M- GUYOxN 33i
Depuis ce temps je ne sais plus si j'aime»
Je ne puis pas songer à le savoir :
Dieu seul en moi se contemple lui-même, Et s'y produit sans me le laisser voir.
Je ne sens plus ni plaisir ni souffrance ; Dieu seul en moi par moi-même est heureux ; Sans me donner part à sa jouissance, Il est pour moi de soi-même amoureux.
Vide de tout, rien ne manque à mon âme.
Tout plein* de Dieu, jMgnore mon bonheur.
Brûlant d'amour, je ne sens point de flamme ; Possédant tout, je perds jusqu'à mon cœur.
La loi d*amour, aux autres rigoureuse.
N'a rien pour moi qui ne soit naturel.
Je ne la sens dure ni savoureuse :
Tout se réduit au moment éternel.
Heureux moment exempt d'incertitude.
Fortuné jour, où tout homme est détruit I Chez toi, la paix bannit l'inquiétude, Jour permanent qui n'a jamais de nuit I
La vérité se voit en ta lumière ; C'est là qu'elle éclaire sans nul brillant.
On la soutient sans baisser la paupière ; Elle se couvre en se manifestant.
Je sens, Amour, que je ne puis rien dire.
Que je ne fais que bégayer de toi.
On pourrait bien dépeindre mon martyre.
Mais non l'état qui m'a tiré de moi.