‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 342 sur 350 · Sic \ cf. la pièce suivante · texte numérisé non relu

Sic \ cf. la pièce suivante

i, « Je ne connais plus ni péché ni justice » (Lettre à. Féoelon du 7 mai i68g, p. 182).

C'est peu, dili], que n'avoir plus de vie Et de quitter pour moi ce Toi si cher.

Je veux si loin porter ma jalousie.

Qu'en me perdant, tu n'oses me chercher.

Je veux de plus, qu'ignorant si je t'aime.

Tu n'oses pas songer à le savoir.

Il faut qu'en toi je m'aime seul moi-même, M'y contemplant sans te le laisser voir.

Depuis ce temps, je me trouve sans vie, Je ne vois plus en moi de propre amour.

Dieu tient mon âme en soi-même ravie.

Sans me laisser sur moi faire un retour.

Je ne connais ni la mort ni la vie :

Dieu vit en moi et je vis en Dieu.

Pour tous plaisirs mon âme est assoupie :

Il n'est pour moi ni loi, ni temps, ni lieu.

Sans rien savoir, il n'est rien que j'ignore * Sans rien avoir, je ne manque de rien.

Sans rien aimer, nul tourment je n'abhorre :

En voulant tout, je ne veux aucun bien^.

Plus que la mer mon cœur se trouve immense '^. Rien d'ici bas ne saurait le borner* ; Dieu verse en lui sa divine science :

Ferme et constant, qui pourrait l'ébranler I

1. « On sait tout sans rien savoir » (^Instructions, XXII, t. VI, p. lao, d) ; cf. encore plus haut Lettre GXXX, p. 820 et n. 8.

2. C'est la mise en vers de la formule fénélonienne : « Je veux tout, je ne veux rien » ; cf. Lettre de Fénelon à M"» Guyon du a 8 mar»

i68g, p. 89 et n. a.

3. « Je prie Dieu d élargir votre cœur comme la mer » (Fénelon à M»« de Maintenon. Lettre du 8 septembre 1690, t. VIII, p. 489, g).

4. Comparez la fin du discours de Fénelon sur la Parole intérieure (Instructions, XXII, t. VI, p. 12 4, d) : « On ne veut rien et on veut

(Même sujets même air.)

Si je pouvais me dépeindre moi -même.

Vous avoueriez que je n*ai plus de cœur.

Dieu dans mon fond agit, l'anime et s'aime.

Libre de tout, il est mon possesseur.

D'un vol hardi jusqu'en son sein je passe, Laissant des monts le sommet escarpé.

Perdu, de moi l'on ne voit plus de trace ; J'entends l'orage, et n'en suis point frappé ^.

Je vois, Seigneur, les affreux précipices Que j'ai franchis en m'abimant en vous.

C'est là qu'il faut que tout amant périsse.

Avant que de s'unir à son Époux.

Il faut qu'Amour jaloux se satisfasse.

Sans m'épargner, il me tira de moi.

Tout disparut : je lui cédai la place :

Il en bannit jusqu'à sa propre loi.

Qu'il serait doux de perdre ici la vie.

Pour conserver ce que l'on tient si cher I L'Amour si loin porte sa jalousie.

Qu'en le perdant on n'ose le chercher.

tout. Gomme il n'y a que la créature qui borne le cœur, le cœur n'étant jamais resserré par l'attachement aux créatures, .,«é il entre pour iiinsi dire dans votre immensité. »

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