XXXVIII INTRODUCTION
sait pas rebuter par toutes « les pauvretés » de cette femme, et qui passait outre, pour lui donner sa pleine et confiante adhésion, n'était-ce pas un signe visible que Dieu était avec elle et la conduisait? Elle voulut lui rendre quelque chose de cette confiance : elle lui promit une obéissance et une docilité sans réserve, lui remettant tous ses écrits pour « qu'il les corrigeât et les brûlât même » au besoin, lui soumettant sa vie et toutes choses, pour qu'il les dirigeât*. Lui, qui avait naturellement la volonté et la parole autoritaires, était tout prêt à prendre en main cette nouvelle direction. On put croire un instant que l'abbé de Fénelon aurait une dirigée de plus. Elle lui demandait conseil sur ses confessions ^, sur ses dispositions intérieures ^, sur l'opportunité de continuer les mémoires de sa Vie''. Mais cette docilité était toute verbale. Une femme qui surabonde de grâces divines et qui sent au dedans d'elle l'impression irrésistible de l'Esprit, est d'un maniement malaisé. Elle accumulait les protestations d'obéissance absolue, « en toutes choses sans exception^ »; mais, s'il s'agissait» d'une chose » en particulier et que leurs deux avis ne fussent pas concordants, elle espérait d'abord « qu'elle pourrait peutêtre obéir ^ », puis « quelque chose en elle ne le voulait pas », enfin « Dieu permettait » qu'elle ne pût pas outrepasser sa répulsion': « Quoique la soumis