XL INTRODUCTION
infiniment, semblc-t-il, au caractère romanesque de Fénelon : « Je n'allais presque jamais à Paris, racontait-il plus tard à Ghanteracj elle venait à Versailles en trois mois une fois, en allant voir une cousine à Saint-Gyr *. » Ce récit tendancieux est pourtant presque exact. Si l'on songe que, peu après le mariage de sa fille, Mme Guyon alla passer deux ans et demi près d'elle à la campagne 2, que le la septembre 1693 elle quitta Paris pour une retraite inconnue^, et que depuis lors elle ne semble plus avoir rencontré Fénelon, il reste à peine deux années, où ils n'ont pu se voir qu'à intervalles très irréguliers, et pas toujours en téte-à-tête. Fénelon pouvait donc affirmer à M. de Noailles : « Je n'ai vu ni pu voir souvent Mme Guyon ; mon principal commerce avec elle a été par lettres*. » Gelles-ci semblent avoir été très fréquentes, parfois même quotidiennes : c'était un échange presque incessant de pensées, de sentiments et de grâces. Mais Fénelon exigeait de sa correspondante qu'elle prît toutes « les précautions nécessaires pour la sûreté du secret^ ». Il craignait les indiscrétions de la poste * : les lettres allaient et venaient, comme en fraude, transmises par « des personnes affidées »; le duc de Ghevreuse était le plus dévoué de tous ces intermédiaires "'.