Fénelon à Mme Guyon, Lettre du 9 juin 1C89, p. 1G
et prompte à se scandaliser, elEe était pourtant connue et bénie dans un petit groupe d'nmis ou plutAt d'initiés. Sans parler de Mme de Maintenon, el des filles de Saint-Cyp, qui s'enthousiasmaient follement pour la dévotion guyonienne', les Charost, les Beauvillier, les Clievreuse, les Mortemart, les Morstein se serraient autour des deux amis en une sainte et aristocratique milice, qui travaillait à l'avènement du règne de Dieu avec des allures de conspirateurs. La plupart de ces pieuses femmes vivaient à Paris et ne venaient guère à Versailles, dit Saint-Simon, « qu'en cacliette, et pour des instants, lorsque, pendant les voyages de Marly, où Mgr le duc de Bourgogne n'allait pas encore, ni par conséquent son gouverneur, Mme Guyon faisait des échappées de Paris chez ce dernier, et y faisait des instructions à ces dames : la comtesse de Guiche, fille ainée de M. de Noailles, qui passait sa vie h la cour, se dérobait tant qu'elle pouvait, pour profiter de cette manne. L'Echelle et du Puy, gentilshommes de la manche de Mgr le duc de Bourgogne, y étaient aussi admis; et tout cela se passait avec un secret et un mystère, qui donnait un nouveau sel à ces faveurs Ce p oupeau choisi ne faisait plus
a Sainl-Cïr, cf. le § Il do o ^it. [tes Grnnils cciivains, t.