‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 45 sur 350 · XLVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLVIII INTRODUCTION

qu'un maintenant avec celui que Fénelon avait jadis groupé autour de lui, Saint-Simon ajoute que l'abbé « ne les conduisait pourtant que sous la direction de la prophétesse ». La remarque est vraie, mais insuffisante. Pour Fénelon, comme pour tous ces néophytes, Mme Guyon restait l'initiatrice, la femmme visitée de Dieu et, dans toute la force du terme : « la prophétesse ». Mais l'élu du Seigneur, le prédestiné, celui qui devait être entre les mains de Dieu un instrument privilégié de rénovation religieuse, c'était lui. Mme Guyon le désignait elle-même comme le Christ de son « nouvel Evangile * » : « Consultez, disait-elle au duc de Chevreuse, consultez mon oracle après le Petit-Maître : c'est S. B. ^ », c'est-à-dire Fénelon. Elle ne se lassait pas d'ailleurs de lui rappeler le rôle providentiel qui l'attendait : « Les desseins de Dieu sur vous sont grands, lui répétait-elle^. Vous êtes la lampe ardente et luisante qui éclairera l'Eglise *. Dieu vous veut faire le père d'un grand peuple^. » Quant à elle, elle se contentait d'être « la victime éternelle, brûlant sans cesse devant Dieu * » pour l'homme prédestiné, et donnant sa vie, — « mille vies, si elle les avaient eues », — pour que la volonté et la gloire de Dieu se réalisassent en lui '^.

Rien dans ces prophéties, dans ces appels, dans ces

1. Fénelon à Mme de Maintcnon , Lettre du 7 mars 169G, t. IX., p , 81 , d.

2. Mme Guyon au duc de Chevreuse, Lettre inédite du 2 4 octobre iG()4 (Mss. de Saint- Sulpice, I*"" recueil Chevreuse, p. iio).

3. Fragment d'autobiographie, p. 8; Lettre XXIX, p. 77. (\. Mme Guyon à Fénelon, Lettre XXXI, p. 79.

Page 1