LXVI INTRODUCTION
elle-même. Si elle s'attriste, c'est pour la personne * qu'elle aimait, en cas que cette rupture lui soit nuisible, La douleur peut être vive et amère, puisque l'amitié était très sensible, mais c'est une douleur paisible et exempte des chagrins cuisants d'un amour intéressé ^ » . Et pourtant, il était dur de ne plus la revoir, de souffrir pour elle, sans goûter près d'elle « le bien de la souffrance pure ». Que ne lui aurait-il pas dit, s'il avait pu encore l'entendre au confessionnal de Saint- Jacques, ou plutôt que n'aurait-il pas senti, assis en silence à ses côtés ! Il semble bien d'ailleurs que les désirs, le besoin, les souvenirs impérieux du passé furent plus forts que les serments : s'ils ne se revirent plus jamais 2, si Fénelon resta à Cambrai, quand son amie sortit delà Bastille^, s'il n'alla pas la rejoindre à Diziers et finir ses jours près d'elle, il put cependant la garder comme confidente et consolatrice. On lira plus loin* quelques strophes légères et dansantes, qu'il lui adressait déjà proche « du dernier âge », et qui ne sont pas sans charme dans leur mélancolie enfantine et leur folie d'amour. C'est une plainte à peine murmurée et très doucement désespérée :
Jésus et son enfance, C'est tout mon bien.