‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 7 sur 350 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

« aussi inconnues que si elles étaient inédites * » ; il avouait, pour sa part, les croire authentiques, et il espérait soulever autour d'elles une discussion critique et littéraire, qui ne vint pas. M. Brunetière est en effet le seul, à ma connaissance, qui, dans les notes bibliographiques de son article Fénelon de la Grande Encyclopédie, ait signalé ces lettres « dont Tauthenticité, dit-il, n'est pas tout à fait démontrée, mais paraît infiniment probable ».

Sauf cette indication, qui ne semble avoir ému ni amis ni ennemis de Fénelon, le silence, — un silence injustifié, — s'est fait de nouveau sur cette correspondance. Et feu M. le professeur Grouslé, dans ses deux gros volumes diligents et lourds sur Fénelon et Bossuet\ écrivit contre « l'ami » de Mme Guyon son copieux, sincère et ingénu réquisitoire, sans chercher dans ces Lettres de quoi le fortifier. Ce sont elles, avec les réponses de Mme Guyon, que l'on trouvera dans ce livre. De bons juges les ont senties authentiques. Mais n'ontelles que cette authenticité de vraisemblance et de sentiment ? On voudrait essayer de conduire le lecteur à une certitude.

I. liéh. inler. de l'Enseignement, XII« année, n»« des i5 juillet et i5 septembre 1892, p. 52-85 et aiô-aSy; cf. p. 54-57. a. Fénelon et Bossuet, 2 vol. in-8. Paris, Champion, 1894.

a. Son Aathenlicité.

L'abbé Gosselin avait trouvé trois raisons pour ne pas admettre dans ia Correspondance générale qu'il éditait les lettres publiées par Dutoit.

« Il suffit do lire,. dit-il, quelques pages de sa Préface, pour se convaincre que cet édileur appartenait à l'une des secied les plus enthousiastes et les plus fanatiques qui soientjamais sorties du sein de la Réforme. '> Et de ce que l'bonnéte Dutoit a pour Mme Guyon la vénération que l'on sait, de ce qu'il déteste Louis XIV, Bossuet et les jésuites, l'abbé conclut: « Assurément un éditeur de ce caractère ne donne pas une grande idée de sa critique ni de son discernement'. » Il semble bien en elFet que la piété de Dutoit ne fût pas sans quelque exaltation, mais exaltation naïve d'un ceeur simple et ingénument droit. Sa Vie et ses livres le disent assez. Ce n'est nullement une Ame de faussaire. D'ailleurs, pour ce fervent de Mme Guyon, c'est elle et non Fénelon, qui fait le principal intérêt de cette correspondance ; et, si jamais il eût cru devoir commettre quelque édifiante supercherie, ce n'est pas à fabriquer du pseudo-Fénelon qu'il eût employé sa modeste ingéniosité.

o II n'a pas l'esprit critique, prétend l'abbé Gossetin: l'apocryphe est d'un autre, mais c'est lui le dupé. » L'esprit critique de Dutoit n'était pas mis cette fois à

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