‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 74 sur 350 · LXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXXVI INTRODUCTION

Dieu*, s'amuser innocemment pour récréer ses sens 2, se faire un cœur immense comme la mer ^ et l'abandonner en paix à l'action souterraine de Dieu*. — Le Christianisme ainsi pratiqué devient une religion de la joie. Il ne détruit pas « l'extérieur ^ » de ceux où il s'implante, c'est-à-dire, il les conserve au dehors tels que la nature les a faits. Au dedans, leur âme renouvelée et libérée de tout sentiment servile a déjà a un avant-goût du sabbat éternel ® », mais le monde ne s'aperçoit pas de leur transformation : il les voit seulement plus confiants, « plus tranquilles, plus dégagés et plus hardis "^ » ; il se laisse conquérir par eux ; et <;e sont ces âmes, déjà détachées de la terre, qui finissent par la posséder.

Voilà ce que Fénelon a appris de MmeGuyon, voilà comment elle l'a affranchi et pacifié. Elle a trouvé pour lui les mots souverains qui l'ont guéri ; et ce sont ces mots qu'il a repris plus tard pour les dire aux autres. Quelques-unes de ces lettres qu'elle lui a écrites ont

1. Fénelon à Mme Guyon, Lettre du 2 décembre 1688, p. 2 G et m. 3.

2. Cf. Fénelon, Lettres du 9 juin 1689 au marquis de Bloinville et à Mme Guyon, t. VIII, p. 5i2, ^ et ici même p. 161 et n. 2 ; cf. encore Mme Guyon à Fénelon, Lettre XII, p. l^^ : « Vous en aviez besoin (de la joie) : la joie dilate, et la tristesse resserre le cœur. »

3. Fénelon, Lettre à Mme de Maintenon du 8 septembre 1690, p. 489, g ; cf. encore Poésies, n® VIII, p. 3^9 : « Plus que la mer mon cœur se trouve immense. »

/l. (( Vous êtes donc... sans cesse opérant au fond de moi-même : vous y travaillez invisiblement comme un ouvrier, qui travaille aux mines dans les entrailles de la terre, etc. » (Fénelon, Insb'uctions, X.VIII,

t. VI, p. ID2, d).

5. « Dieu.., loin de renverser son extérieur (de Fénelon), l'établira toujours plus » (Mme Guyon à Fénelon, Lettre XXI, p. 65).

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