INTRODUCTION LXXXV
séder ni se maîtriser, oscillent par secousses brusques de la* dureté à l'attendrissement. Fénelon connaissait iui aussi ce va-et-vient d'une âme débile, ces « hauts et bas, qui le secouaient rudement* ». D'une sécheresse souvent tranchante et dédaigneuse ^, aiguisant en impitoyable ironie une raison qu'il avait merveilleusement sûre et fine, ne sachant pas résister à la joie de tuer les gens sous un sarcasme ^, il était repris presque aussitôt par son excessif « désir de plaire * », d'être aimé et admiré, comme les cœurs insuffisamment robustes, qui ne se suffisent pas à eux-mêmes : la perte d'une affection, d'une sympathie ^, si mince fut-elle, la plus légère éraflure à sa réputation le faisait souÉTrir « horriblement » et « crier les hauts cris® ». Il aurait fini par avoir peur d'une servante '^. Sentait-il au contraire autour de lui bienveillance et affectueuse admiration, il retrouvait son élasticité d'âme et sa confiance en soi. Il se sentait « libre, dégagé et hardi® ». Mais, quand le calme du matin ou la solitude conquise sur la vie de cour lui rendait le recueillement ^, alors il prenait conscience de toute cette misère, d'abord inaperçue, et « sa lâcheté lui faisait horreur**^ ». Gomme un neurasthénique, qui se