‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 92 sur 350 · Poésies, n® XIV, p · texte numérisé non relu

Poésies, n® XIV, p

II. Féneloi» à Mme Guyon, Lettre du 10 octobre 1689, p. 291. 5, Mme Guyon à Fénelon, Lettre GXXIX, p. 3 16.

lui le contitt de 1 homme purement homme et du chrétien, ou, si l'on veut encore, de l'homme naturel et de l'homme intérieur, en creusant cette conscience par ■ la douleur, en lui révélant ainsi à lui-même des puissances insoupçonnées de vertu et de corruption, elle a assoupli et nuancé une âme déjà très riche et très diverse. De celui qui, sans elle, n'aurait été qu'un homme d'esprit, cette demi-sainte, demi-folle a Tait un type d'humanité.

, Fénelon à Mme Guyon, Lettre du li août ifiSg. p. 16}.

. Id., Vendredi saint ifiSg, p. ii5.

. FéocIonliM. deNoaill«B, Lettre du 8 juin 1697. t, IX, |i. 1S7. ..

Ces quelques pages sorti ta meilUure inlrodactian à la correspondance qui suit, en même temps qu'elles en con- Jirmeat i'aulkenlieilé. Écrites par Mme Gayon en 1689, elles constilaeni un chapitre, encore inédit, de cette We qu'elle rédigeait elle-même à intervalles irréguUers et où elle notait ses principales expériences intérieures ; contemporaines des lettres qu'on m lire, elles en sont comme le résumé, elles en précisent les aveux, elles en expliquent le (on et les préoccapalions. Ce qui les rend d'autant plus intéressantes, c'est qu'eUes ont eu leur histoire. En i69U Mme Guyon avait, comme on sait, soumis tous ses manus- ■erils à l'examen de Bossuel : c'était le duc de Chevreuse qui avait mission de les lai faire parvenir et qui servait d'intermédiaire entre elle et lui. Quand elle sentit que M. de Meaux « ne cherchait point du tout à éclaircir, mais à trouver deS' moyens de condamner^ », elle craignit sur an tel juge l'effet de cette confession si intime et ne voulut point qu'il put s'en servir auprès des autres examinateurs, M. de Nouilles et M. Tronson. Elle écrivit donc ait duc de Chevreuse le 26 août I69h : a Je vous prie, si

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2 FENELON ET M-«= GUYON

M.de M[eaux] veut qu on donne la Vie, qu'on efface tous les noms, car je ne veux pas, blesser la charité. De plus it y a un cahier qui regarde B. (c'est-à-dire Fénelon ^), qui ne doit point être l'u^. » Quelques jours plus tard elle lai écrivait encore : « Pour tout ce qui regarde B..., autant quil y aura de feuillets... il les faut ôter absolument, car rien ne me peut obliger à confier ma Vie. Je Vai fait à M. de M[eaux] par excès de bonne foi, mais si je me fusse souvenue de ces endroits ^ je les eusse ôtés... tout ce que je vous demande, au nom de Dieu^, est qu*on ôte les cinq feuillets dont vous me parlez... Pour tout le reste, il faut le laisser; mais pour cela, au nom de Dieu, qu'd n'aille point dans leurs mains, quelque chose que dise M. de M[eauxy. » Elle avait eu en effet a un excès de bonne foi », car de ces cinq feuillets, Bossuet a extrait pour sa Relation quelques citations traîtresses °. // est probable que le duc de Chevreuse parvint à retirer ces pages conjidentielles ; et c'est elles-mêmes, semble-t-il, qui se trouvent aujourd'hui parmi les manuscrits de Saint- Sulpice. Numérotées sur les deux faces, de 739 à 7U8, elles forment exactement cinq feuillets, arrachés sans doute à une copie intégrale de la Vie. Elles portent en marge quelques annotations auto^ graphes de Mme Guyon, qui ne sont pas sans importance et qui achèvent d'authentiquer le récit.

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