‹ FénélonChapitre 115 sur 138 · N. a. fr. 563, f · texte numérisé non relu

N. a. fr. 563, f

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lûmes à venir dans les deux documents ci-dessous qui en oITriront un commentaire anticipé. Le premier est un Fragment de lettre de l'abbé Phelipeaux, sans destinataire indiqué, mais envoyée apparemment à Bossuet ou à Ledieu. Ce n'est qu'une copie, car on n'y reconnaît nullement la main du docteur Jean Phelipeaux, ce répétiteur de l'abbé Bossuet, devenu à Rome son mentor, durant les négociations contre le livre de Fénelon. Son écriture est bien connue par la table des nombreuses transcriptions des sermons de Bourdaloue qu'on rencontre aux quatre volumes in-quarto conservés à la Bibliothèque nationale ' . Mais cette transcription, d'une main italienne, semble-t-il. d'un fragment d'une lettre du 22 août 1696, renferme des nouvelles qui toutes intéressent Bossuet, qu'il s'agisse du livre de Marie d'.Vgréda dont il poursuivit si vivement la condamnation, ou des questions posées par les « Comédiens » de Paris, en appelant à Rome de la discipline appliquée contre leur profession dans l'Église gallicane.

La dernière citation, qui, elle aussi, nous ramène à Fénelon, car il s'agit de l'histoire de la condamnation des Maximes, consistera en deux extraits de Lettres adressées au même Thovnard et conservées dans la même collection des autographes Brunet contenant les lettres de Renaudot. Datées l'une et l'autre de Londres, et écrites par l'abbé Du Bos, un ami de Fénelon, elles trahissent et son opinion et celle du milieu anglican qu'il fréquentait, nettement hostile à Bossuet et aux autres adversaires de l'archevêque de Cambrai.

Extrait d'uxe lettre de Rome du 22 aoust i6y6 -. Le Pape a toute la considération possible pour M. le C'ard. do

[ . Une lettre autographe de lui, tirée du fonds Gaignières, a été publiée dans les Sept Lettres citées plus haut, p. 299, n. i. Voir, p. i4i.

2. Bibl. Mazarine, Reserve. 1857, f. 46. I^e P. Léonard a ajouté audessous du titre : [escrile par M. Phelipeaux, docteur].

LA CORRESPONDANCE DE BOSSUET ET DE FÉNELON Soy

Janson, et le Roy ne peut avoir un ministre plus adroit ni plus attentif au bien de l'état. Le Pape a cassé un décret d'Alex. 8 •qui avoit accordé au Roy de Portugal toutes les missions de la Chine à l'exclusion des autres nations. Il a donné cent mille écus romains pour ces missions, et loua dans son discours la piété du Roy et le zèle des françois. Tout cela est fait à la sollicitation de M. de Quimeners missionnaire françois. Je suis surpris qu'on balance en Sorbonne sur la condamnation du livre de la Mère d'Agreda. Il fut d'abord condamné par le St-OlBce de Rome, et depuis ce temps on n'a fait ici aucune démarche pour l'autoriser, quelques mouvemens qu'aycnt fait les Cordelicrs. Il est méprisé par tout ce qu'il y a de gens éclairés. M. le Gard. d'Aguire, quoique Espagnol a sur cela tous les sentimens cpi'il doit, quoiqu'il n'ait pas voulu s'expliquer dans des lettres écrites en France craignant qu'on ne les publiât ou que cela ne lui fît tort en Espagne ovi ces sortes de visions sont d'un grand goût. M. l'arch. de Reiras a reçu un mémoire où on expose tout ce qui s'est passé à Rome et en Espagne à l'occasion de ce livre '.

Les Comédiins de France, à qui on a refusé au dernier jubilé l'absolution s'ils ne promettoiont par écrit de quitter cette profession, ont consulté la Congrégation du Concile et demandé si représentant des comédies ab oinnibas lasciuiis et iiiipurilalibus immunes, imino honestas, paras marjisqiie idoneas ad bonum exempluni in fidelium animos impriniendum quain ipsos ad malum alliciendos et eorum anifnos detiirpandos, mm suis leporibus et salibus, ducibus intrepiditatern, magistratibus prudentiam, civibus hunianitatem urbanitatemque inspirent, omnibusque vitium abhorrenduin et virtutem proponant ampleclendam, sint adinittendi ad sacramenta et si Episcopi illos excommunicare possint. Ils ont allégué qu'il n'y avoit ique les Curés de Paris qui leur fissent cette difficulté, que les Curés des autres villes les reçoivent, et que par une ordonnance de Louis i3, du i6 avril i64i, il étoit déclaré que cette profession n'étoit point deshonorante. Voici la réponse : DD. Sacra congreg. Concilii pro comicis civitatis Parisiensis die. 7. julii 1696. rescripsit : ad Ordinarium qui provideat prout de jure. Les voilà

I. Cet incident regarde aussi l'histoire littéraire de Bossuet. J'ai cité -dans la revue Documents d'Histoire, juin 1910, p. 223-23i, le curieur pamphlet contre lui, publié à cette occasion.

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ronvovcs à M. de Pari*. Les cardin[aux] zelez sur l'usage d» Paris ont demande que le Pape empêchât ici les Comédies et le» Opéra.

Phelipeavx [docteur delafacuJté de Paris, agent de M. l'Eveque de Meaux (Bossuet), à Rome •].

La copie de la lettre de Phelipeaux appartient à un intéressant recueil dautoi^raphes et autres pièces oriirinales fait par les soins du P. Léonaixi de Sainte-Catherine, conservé à la Bibliothèque Mazarine. Les lettres de Du Bo» se rencontrent parmi les nouvelles acquisitions des manuscrits de la Bibliothèque nationale. Ni 1 un ni l'autre des billets qu'on va lire ne porte de millésime. Le collectionneur, Brunet sans doute, a ajouté au premier iGi^Oou Q- et au second i0c)8 : ces attributions, les premières surtout, sont discutables, mais les débattre nous entraînerait trop loin. Bornons-nous à la transcription des textes:

A Londres, le jojuiii.

... L'on a imprimé une traduction angloise du liure de monsieur larcheueque de Cambray. Cette traduction est fort lue ici où l'oa se pique de méditer, et bien des gens estiment le liure -.

De Londres, ce oo juin-20 juillet.

... L'euesque de Meaux estant trop foible pour disputer auec larcheueque de Cambray, l'archeueque de Paris et l'euesque de Chartres se sont unis avec luy, et le dernier a publié une lettre adressée à M. de Cambrav laquelle deuient fort connue par le» expressions boufones dont elle est remplie. Ces prélats pleins de zèle sont hors de mesure du peu d'effet de leur violent procédé j car non obstant la bonne opinion qu'ils ont de leur querelle, ils sont très sensibles au peu de cas que les honetes gens font de leurs escrits. Ils peuuent en auoir esté aduerds par leurs Ubraires ou

I. Ces mots sont ajoutés de la main du P. Léonard. T. N. a., fr. d6o. f. a5o.

LA CORRESPONDANCE DE BOSSUET ET DE FÉ>'ELO?f SoQ

l'auoir sçu d'ailleurs. D'ailleurs, au contraire, les honestes gens aplaudiroient publiquement à l'archeueque de Cambray s'ils n'apprehendoient pas d'ostre flétris avec le nom odieux de Quietistes*.

Ces appréciations passionnées ne seront pas inutiles à indiquer pour compléter ou atténuer les alTlrmations dont est pleine la correspondance de Bossuet avec son neveu de 1696 à 1699, où l'on répète à l'envi que Fénelon est décrié partout, que son livre scandalise et n'a aucun succès. Le commentaire de cette partie des lettres sera particulièrement délicat ; mais nous pouvons être assurés que les auteurs de l'édition ne seront pas au-dessous de la tâche. Le second et le troisième volume, à la hauteur du premier, plus intéressants même à mesure qu'on avance dans la vie de Bossuet, nous promettent que le « monument » au- <{uel ils travaillent continuera de s'élever a digne en tout point de l'immortel évèque de Meaux ».

I. Ibid., f. 256. Adresse ; d'Angleterre, à Monsieur/M. Toinard, rue/Mazarine chez M. Desnoiers/à Paris.

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