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Correspondance, t. II, p. IiqZ sqq

3. Etudes, 5 août 1909, et Documents d'Histoire, mars 1910, p. 136.

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l'autre ont lait en sorte que peu d'autographes de Bossuet leur aient échappé, s'il en est qui se dérobent encore. 11 demeure peu de lettres aussi, tenant, même de loin, à cette correspondance, qu'ils n'aient « dénichées » dans les recueils ou les ouvrages en apparence les plus étrangers à leur sujet.

Contraint par l'extrême vigilance des deux éditeurs de ne les compléter en rien d'essentiel, je me rabattrai sur des points secondaires. Pour le premier volume, à part les (ragmonts dont je parlerai plus loin, pures indications d'ailleurs, rien ne me paraît y pouvoir être ajouté. Au second, vers le l\ mai 1680, on me laissera adjoindre, non point une lettre de Bossuet, mais une lettre, disons mieux, une simple dédicace à lui adressée. Encore, si je ne l'avais rencontrée trop tard, alors que le volume était achevé, la lirait-on insérée à sa date, date approximative, déduite de l'achevé d'imprimer du volume ainsi dédié au grand évêque.

En 1680, étaient publiées, « chez Estienne Loyson, au premier pillier delà Grand'Salledu Palais, proche les Consultations, au nom de Jésus, Les Lellres du Cardinal Bentivoglio Iraduiles d'Ilalien en Françoia, par le Sieur de Veneroni, Maître de Langue Italienne Françoise à Paris». Un volume in-12 de 2o3 pages comprenant le texte français seul, de 899 pages avec l'italien en regard*, offre un choix intéressant des lettres du célèbre nonce qui assista aux principales catastroplies des débuts du règne de Louis XII 1. Ses dépêches soit à sa cour, soit à l'ancien ambassadeur d'Espagne, le duc de Monteleone, qui avait récemment quitté Paris, racontent la disgrâce et la mort du l'avori italien qui venait de disparaître, le maréchal d'Ancre, et surtout les négociations avec la reine mère

I. Pour la Bibliographie complète voir mon Essai : Bossuet et Fénelon, l'édition de leur correspondance , [>. 33 et suiv.

Marie de Mcdicis, après son évasion de Blois. Le livre datait un peu, si l'on en croit le libellé du privilège délivré, « pour sept ans, à courir de l'achèvement de la première impression, le 25 décembre 166G '. Probablement, l'exécution traîna en longueur, ce qui permit sans doute d'utiliser quatorze ans après l'ancien privilège, toujours valable, puisqii'il ne semble point y avoir eu d'édition antérieure à 1' « achevé d'imprimer » du 4 mai 1680. A cette date, Bossuet, en qualité de précepteur du Dauphin, fut honoré, ou plutôt honora le livre, de la lettre à lui adressée par le traducteur, qu'il permit d'imprimer en tète du volume'^.

A MONSEIGNEUR BÉNIGNE BOSSUET, Evèque de Condom, Précepteur «le Monseigneur le Dauphin,

Premier Aumônier de Madame la Dauphine.

Monseigneur,

Le Cardinal Bentivoglio. qui a traité de son tems avec les plus grands Princes de l'Europe n'oseroit aujourd'huy s'approcher de VOTRE GRANDEUR, à cause de son déguisement; mais tout déguisé qu'il est, par riiabillcmcnt François que je luy ay donné dans ses Lettres, que je prends la liberté de vous offrir, je suis per^ suadé que les maximes et la délicatesse des pensées dont elles sont remplies feront toujours reconnoître ce grand Homme, sous quelque habit qu'il paroisse. Qui peut mieux que vous, MONSEIGNEUR^

1. Voir à la Bibliothèque nationale, les deux éditions de 1680 : Z i58ai et i52i7 et la bibliographie critique dans l'essai cité plus haut, p. 33.

2. Une dédicace antérieure, datée de Venise, le 18 décembre 1660, ei] italien, adressée Illustrissimo signor Pulron mio co/enc/ixsimo, est signée Zacca^j ria Conzatti. On la rencontre, à la suite de la dédicace à Bossuet, qui n'est point datée, dans l'édition de Bruxelles de 1718. Celle de 1709, dont celle-j ci n'est que la réimpressio.n, ligne pour ligne, ne la contient pas.

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luy rendre justice qiii luy est deuë ? Vous qui par vôtre profond sçavoir êtes regardé par tout le monde, ajuste titre, comme l'Arbitre Souverain des belles Lettres. Vous qui joignez à une trèsgrande intelligence des Saintes Ecritures, et des Pères de l'Eglise, une connoissance parfaite de l'Histoire, tant sacrée que prophane. Vous enfin q^ii avez, par vos Prédications pleines de zèle et d& force, et par vos doctes écrits, confondu les Hérétiques, dont ce fameux Cardinal a traversé, par ses négociations, les premiers établissemens. Ce sont, MOXSEIGjNEUR, ces qualitez extraordinaires, et vôtre vertu si solide, et si inébranlable, qui vous ont mérité un employ aussi important que celuy qui vous a été confié. Le choix que le plus grand Monarque de la Terre, le plus juste et le plus éclairé, a fait de vôtre personne, pour contribuer à l'éducation d'un Prince qui est l'unique héritier de sa gloire, vous doit tenir lieu de toutes sortes d'éloges; mais si nous y ajoutons la satisfaction que Sa Maiesté a marquée de vos soins et de vôtre application à répondre si dignement à sa confiance ; si nous regardonsles suites heureuses de l'éducation de MONSEIGNEUR LE DALPHIN, qui devant beaucoup à son beau naturel, doit encore à vos lumières ce que la meilleure terre et la plus fertile doit à celuy qui la cultive. Toute la France tombera d'accord, que jamais homme ne s'est acquis une estime plus universelle que vous. Après cela, MONSEIGNEUR, que peut-on dire de VOTRE GRANDEUR ? si ce n'est qu'elle est au-dessus de toutes les louanges qu'on pourroit luy donner. Aussi ne me presentay-je devant vous, que pour vous supplier très-humblement d'honorer ce petit ouvrage de vôtre illustre protection. Heureux, si mon travail peut attirer vos regards, et si je puis vous persuader de la profonde vénération et de l'attachement respectueux avec lequel je suis, MONSEIGNEUR,

De vôtre Grandeur, Le tres-humble, très obéissant et tres-soùmis serviteur.

J. VENERONI.

La part faite aux exagérations inévitables dans ces préfaces à la Moniauron qui ont pour but d'attirer la faveur, excès dont témoignent ici les louantes enthousiastes décer-

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nées à l'élève de Bossuet, cette lettre ne manque pas d'importance historique. A la date où elle fut composée, n'avait pas encore été publié le D/scours sur l'histoire universelle « paru en mars 1681 » et si l'Histoire des variations, dont on a déterminé avec sagacité la genèse et les vissicitudes était alors sur le métier, le grand public n'en savait rien apparemment. 11 est donc assez remarquable d'entendre louer chez le précepteur du Dauphin « une connoissance parfaite de l'histoire tant sacrée que profane ». A coup sur, Floquet n'eût pas manqué, s'il avait rencontré cette dédicace, de la citer dans son ouvrage sur Bossuet précepteur. Elle confirme en tout cas pleinement, par un témoignage significatif (parce que venant d'un homme obscurj il est surtout un écho), les conclusions de la belle thèse d| M. A. Rébelliau, Bossuet historien da protestantisme. Je ml reprocherais de ne point saisir cette occasion de signalai au moins en passant, la troisième édition de ce remai quable ouvrage, récomment parue « revue et augmentél d'un Index » des plus précieux. La place de Bossuet dani la controverse de son temps que l'auteur a essayé déterminer, semblerait, bien qu'il ne faille pas trop faii fond sur une épître dédicatoire, insinuée ou devinée danl l'allusion faite aux sermons de Bossuet « prédications pleines de zèle et de force » et aux « doctes écrits » qi ont « confondu les Hérétiques ». Le désir de rapproche Bossuet du héros de son livre et de rappeler les « négc dations » de Bentivoglio contre les protestants de Franc et de Hongrie, a pu être pour quelque chose dans ce ra[ pel. Il n'en demeure pas moins que la lettre de Veneroni traduit l'opinion de ses contemporains et salue en Bossue le controversisle et l'historien, dès avant la publication de

I. Bossuet, historien du protestantisme. Elude sur l'Histoire des Variation et sur la controverse aa dix-septième siècle. 3' édition, Paris, Haclietti 1909. In-8, ïiu-Gzii pages. Voir p. i45.

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principaux ouvrages d'histoire ou de controverse qui l'ont signalé à la postérité.

C'est aussi à l'histoire du [préceptorat que se rapportent maints fragments de la correspondance de l'abbé Renaudot avec Nicolas Thoynard. La dédicace de V'eneroni, tout en étant déjà « en marge » de la correspondance de Bossuet, faisait cependant partie du plan complet adopté par les nouveaux éditeurs. Les citations de ces fragments sont plus encore extérieures aux propres lettres de Bossuet et de ses correspondants. Elles méritent cependant d'être signalées tout au moins <.< h côté » des lettres de cette période, ne fût-ce que pour les mentions fréquentes qu'on y rencontre de son nom. Floquet, du reste, en avait connu et allégué quelque chose dans son ouvrage sur l'éducation du grand Dauphin ; ce sera une raison, mais ce n'est pas ici le lieu, d'en fournir un texte exact et des références précises '.

Citons seulement ce fragment d'une lettre du 3o avril 1684 où perce un \if mécontentement contre Bossuet, coupable d'avoir préféré à Du Cange pour le faire nommer à la Bibliothèque du roi, l'abbé de Varèse : « M. de Meaux a fait mettre un nouveau garde à la Bibliothèque qui est un tal (sic) Abbé de Varese que vous avez veu Condomifage et cjui n'a gueres de qualitez propres. On avoit proposé M. du Cange. Ce choix avoit esté applaudy. Mais on a dit qu'il estoit trop âgé... » ^.

La date de cette lettre déborde déjà l'époque traitée 'dans le second volume de la Correspondance qui s'arrête au 3i décembre i(')83. Mon excuse de l'avoir citée serait qu'elle complète la psychologie de Renaudot, correspondant de Bossuet, en manifestant sa mauvaise humeur à l'occasion de la promotion de l'abbé de Varèse.

On me pardonnera sans doute aussi de devancer les vo-

1. Elles ont paru au premier numéro de la r'^vue Documents d'Histoire. Paris, mars 1910, p. 55-(3i.

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