Hevue de Lille, mai
2. La nomination de Fénelon n'avait pas été faite au 24 décembre iBgi. On lit à. ce jour, au Journal de Dangeau (éd. i855, t. v, p. i25) : « L'archevêché de Cambra v ni l'abbaye de Fécamp n'ont point été donnés», elle 28 janvier suivant, Dangeau raconte comment et pourquoi le Pape a accordé « au roi un induit pour nommer sa vie durant à l'archevêché de Cambray », (p. lii). Le 2g, il écrit encore : « Comme le roi a présentement l'induit pour Cambray, on ne doute pas qu'il n'y nomme à la Chandeleur », p. idy. Enfin, au vendredi i on lit; « Le roi a donné à M. l'abbé Fénelon l'archevêché de Cambrai ; il ne quittera point la charge qu'il a de précepteur des enfants de France ; mais il résidera pourtant à son diocèse neuf mois de l'année, comme le Concile de Trente l'ordonne aux évoques ; les trois autres mois il reviendra ici faire sa charge de précepteur... M. l'abbé de Fénelon n'a point vouln accepter l'archevêché de Cambray que le roi vient de lui donner, sans rendre l'abbave de Saint-\alery, que le roi luy avoit donnée, ne voulant pas avoir deux bénéfices à la fois ». (p. lôo).
3. Depuis lors je l'ai retrouvée en fac-similé dans le tirage à part da tome IV des Mémoires de la Société historique et littéraire de Tournai^ intitulé : Lettres inédites de Fénelon, publiées par M. le vicaire général Voisin. Tournai, i853, in-8 de 62 p.
UNE LETTRE DE FÉNELON AU CHAPITRE DE TOURNAI 3x1
— c'est une lettre collective — ne sont pas connus, car l'autographe ne porte aucune suscription. L'expression « votre vénérable corps » désigne-t-elle le Chapitre de Cambrai ou le ce magistrat » de cette ville ? Est-ce même de Cambrai qu'étaient parties les félicitations auxquelles Fénelon fait cette réponse ou s'agit-il d'une autre ville du diocèse' ? Autant de questions qui appellent la sagacité des chercheurs. Voici le texte de ce billet - :
Messieurs, On ne peut être plus reconnoissant que je le suis de Fexcez d'honnesteté auec lequel vous m'auez fait l'honneur de prendre part à la grâce que le Roi m'a faitte. Je taclierai en toute occasion d'imiter les exemples de Monsgr l'archeuéque de Cambray ^, et de n'auoirpas moins de zelc que lui pour tout ce qui regarde votre vénérable corps. Je me trouuerai fort heureux. Messieurs, si je puis obtenir par la que vous m'aimiez un peu. Je le désire de tout mon cœur, et on ne peut estimer plus que je le fais cette grâce que je vous demande. C'est auec une sincérité parfaitte que je serai toute ma vie
Messieurs
Votre très humble et très obéissant seruiteur
L'Abbé de Fenelon , iV. Arch. de Cambray, A Versailles i8 feurier'^