Migne, Orateurs sacrés, t. XXVIII. p. id
2. Il convient aussi de rappeler la méprise de Paul Janet s'appuyant sur une citation de ce sermon pour opposer Bossuet à Fénelon et leurs idées sur l'éducation des filles. Je l'ai relevée dans ma thèse latine De Munere pastorali J.-B. Bossuet, p. 162 et suiv.
UN SERMON DE FÉNELON A RETROUVER PANÉGYRIQUE DE SAINT FRANÇOIS D'ASSISE
PRONONCÉ A Cambrai, le 4 octobre 1690'.
Les Nouvelles ecclésiastiques manuscrites qui circulaient sous le manteau nous signalent, sans en fournir le texte, le sermon prononcé par Fénelon pour Mlle Peray convertie du protestantisme -. Il ne faut point se lasser de recueillir tous les indices des sermons prêches par lui soit avant soit depuis sa nomination à Cambrai. Or on lisait, au Mercure Galant du mois d'octobre lôgS :
Le 4 de ce mois. M"" l'archcvesquc de Gambray, pour marquer l'estime et l'afTection particulière qu'il a pour l'Ordre de saint François, prononça le panégyrique de ce saint fondateur, dans l'église des Récolets de sa ville métropolitaine, avec une éloquence et une érudition qu'on ne sçauroit exprimer, et qui kiy attirèrent l'admiration de tous ceux qui l'entendirent. C'estoit le premier sermon que ce Prélat eust presclié depuis son entrée dans le diocèse de Gambray. Messieurs de l'église métropolitaine y assistèrent en corps. M"" de Borieux, archidiacre, chanoine et offi-
1. Bulletin de la Société d'Etudes de la province de Cambrai, t. IV, p. 168, oct. igo2.
2 à FÉNELON
cial de l'église de Cambray, avoit célébré le matin la grand'messf dans la mesme église dos Récolcts, assisté de M'* de Fiesvet et d'Heslin, aussi chanoines de la métropolitaine. Tous les chapitres et toutes les communavités se trouvèrent aussi à la prédication de M. l'archevesque de Gambray, aussi bien que M"^* les abbez de Saint-Aubert, du Saint-Sépulcre, de Quentimpré et de Vaucelles, M"" le comte de Montbron, gouverneur de la Place, Madame la comtesse de Montbron, et Madame la comtesse de Louât, avec toute la noblesse du Païs. et Mrs les Magistrats en corps. La fcsti' se termina par la bénédiction du Saint Sacrement, que M'" de Boricux, qui avoit officié le matin, donna le soir après le sermon ' .
Ce communiqué, aujourd'hui perdu dans l'introuvable ou du moins fort rare collection du Mercure, aurait déjà son prix pour l'histoire locale, n'olTrit-elle à recueillir qui' la date, le lieu et l'auditoire du « premier sermon » prêché par Fénelon dans sa ville archiépiscopale.
Pourquoi faut-il que l'auteur de ce Mémoire, obscu correspondant du Mercure Galant, se soit borné à louer, dans la phraséologie en usage, l'éloquence et l'érudition de l'orateur, sans nous indiquer tout au moins le texte et le plan de ce panégyrique? L'intérêt de son article s'étendrait alors à l'histoire littéraire de Fénelon, et nous laisserait l'espoir de retrouver ce discours. Le titre même en est absent dans les Œuvres oratoires de l'illustre archevêque. Apparemment d'ailleurs, suivant sa méthode habituelle, Fénelon n'avait fait que tracer le canevas de son sermon, sans l'écrire. Tels, par exemple, les plans des panégyriques de saint Charles Borromée et de sainte Catherine de Bologne, conservés dans l'édition de ses œuvres ^.
Mais n'est-il pas arrivé à quelque Récollet du couvent, ou à quelque scribe de profession, de recueillir ce morceau oratoire? Aurions-nous chance de voir ce sermon sortir de