Paris, Brunet, pages agi à
2. Edition de Sainl-Sulpice, Lyon, i843, in-4, t, II, p. 643.
l'ombre des vieux recueils manuscrits, s'il en est encore dans les bibliothèques publiques ou pi'ivées de la région ? Bon courage et succès aux chercheurs'.
I . Outre les diverses conimunications déjà enregistrées par le Bulletin (t. I, p. 12,3, 124 ; t. II, p. i6, 17, log, i45, i58 à i63, ado ; t. III, p. 19, 83, 84, 222, 281), il serait précieux de grouper les renseignements épars touchant, même de loin, à l'histoire de Fénelon à Cambrai. Voir, plus bas, le billet de remerciement de Fénelon, du i8 février i6g5, relatif à sa nomination toute récente, paru dans la Bévue de Lille, mai 1900, p. 664 et 665.
Les correspondants du P. Léonard de Sainte-Catherine, ce religieux augustin dont la cellule fut, à la fin du xvii'^ siècle, un grand bureau de nouvelles, eurent souvent occasion de lui écrire sur Fénelon, surtout après les retentissants débats du Quiétisme. Il y aurait mainte occasion d'en recueillir quelques échos. Voici du moins aujourd'hui, malgré la source assez suspecte, ceux d'une visite pastorale et de deux sermons, interprétés à la calviniste, par le bancjuier de Rotterdam dont Léonard a transcrit de sa main et annoté une lettre du 8 octobre 1699. Je n'en ai extrait que le passage relatif à Fénelon. Les réserves et corrections inscrites en marge par le fervent collectionneur, seront imprimées entre crochets, à la suite des passages qu'elles rectifient.
Nous avons lu dans une de nos Gazettes qu'on a esté surpris à Paris que l'Archevesque de Gambray a esté à Bruxelles sous prétexte de faire la visite des brebis soumises à sa jurisdiction pastorale. Pour moy, je ne crois pas qu'il l'ait fait sans permission de la Cour. J'ay vu une lettre de Mons qui parle que dans la visite qu'il a faite dans cette ville-là, il y a presché deux fois. Un ministre protestant qui est au service d'un Régiment suisse en garnison à Monts à la paye des Estats Généraux se trouva avec plu-
I . Bulletin de la Société d'Etudes de la province de Cambrai, cinquième année, mai-juin igoS, p. 127.
sieurs officiers au sermon de ce prélat. On remarque que dans le premier il dit que la Ste Escriture ny les Traditions n'enseignent point que la Ste Vierge eust fait aucun miracle et qu'il sembloit que Nostre Seigneur auoit eu quelque dureté pour elle lorsqu'il l'avoit perdue et Joseph dans le Temple pour la response qu'il leur fit, et cita l'exemple des nopces de Cana : Et qu'elle avoit touiours esté dans une grande humilité pour Jésus-Christ. [Tout cela n'est que come il est rapporté dans cette lettre à l'esgard de Mr l'ar. de Cambray].
Son 2'* Sermon fut sur la Conversion de St Mathieu, dans lequel il blasma beaucoup ceux qui poussoient trop loin la Confession, que le principal esteit d'estre pénétré dans le cœur d'une vive douleur d'avoir offensé Dieu et d'avoir une sérieuse repentance. M. de Meaux trouvera du Quiétisme la dedans. [Cela n'est pascroiable].
Cette lettre ajoute que ce prélat auoit parlé de ses ouvrages et de ceux de M. de Meaux dans une Compagnie et qu'il avoit dit qu'il paroissoit depuis peu un livre attribué à ^Ir Jurieux qui les avoit bien drapez ; mais que ^Ir de Meaux avoit esté beaucoup plus cstrillé que lui.
Ce traité de l'Amour diuin par Mr Jurieu s'imprime actuellement chez Acher. C'est un bon Livre. Il sera composé de differens chapitres à la fin desquels on trouvera d'excellentes méditations et des prières propres à inspiaer ce pur amour que nous devons à la divinité '.
Dans une lettre antérieure, du i3 juillet 1699, Fleurnois avait longuement analysé le Traité historique contenant le jugement d'an protestant sur la Théologie Mystique, dont la quatrième partie est si violente contre Bossuet.
Bornons-nous ici à un autre extrait du même correspondant, rapportant, le 17 août 1699, à l'occasion de nouvelles sur le Télémaque, une anecdote tendant à présenter Fénelon, dès le temps de sa mission en Saintonge, comme un illuminé capable de toutes les sottises. Cela donne la mesure de ces récits : ils ont du moins l'avantase