‹ FénélonChapitre 17 sur 138 · UN PANÉGYRIQUE DE SAINT IGNACE DE LOYOLA · texte numérisé non relu

UN PANÉGYRIQUE DE SAINT IGNACE DE LOYOLA

Par FiÎNELON, a Cambrai, en 1703.'

On lit dans un compte rendu de l'ouvrage de M. Jadart, sur Mabillon -, paru au Bulletin critifjue du i'"' septembre 1880, sous la signature de G. Trochon : « Signalons en passant une lettre non signée, adressée à Mabillon, et relative à un panégyrique de saint Ignace, prononcé par Fénelon (Mss. fr. ig658, 1° 25o). Cette lettre trî-s curieuse mériterait d'être publiée ».

La réflexion du critique est des plus justes : le texte de la lettre signalée par lui est intéressant. Qu'il soit donc remercié de cette indication, ainsi que l'ami trop modeste (il défend toujours c[u'on le nomme), qui a bien voulu relever cette note déjà ancienne, risquant fort d'être oubliée dans un article de bibliographie.

11 importe cependant de compléter ces renseignements. Outre l'exemplaire de la copie adressée à Dom Mabillon, un autre, sans préjudice de ceux que l'on peut découvrir encore, existe à la Bibliothèque Nationale dans le manuscrit du fond français 17-64, moins incorrect, quant à

1. Bullelin de la Société d'Etudes de la province de Cambrai, t. \ ., p. 30, jauw.-fév. 1902.

2. Don Jean Mabillon (it}32-i'jof), étude suivie de documents inédits sur sa vie, ses œuvres, sa mémoire. Reims, Deligne, 1879, in-8.

r orthographe, et ayant surtout l'avantage de dater cette lettre anonyme, peut-être aussi de lui donner sa signification.

Au ton naïvement emphatique de ce récit, on serait tenté de songer à un persiflage, sinon à une lettre inventée par les adversaires des jésuites pour railler le contentement d'eux-mêmes et la préoccupation d'esprit de corps exagéré ou d'admiration mutuelle qu'on leur prête à tort ou à raison. Que la lettre, des deux côtés sans signature, soit réelle ou supposée, peu importe à l'histoire de la prédication de Fénelon. Elle nous fournit en tous cas la date d'un Panégyrique de saint Ignace et reflète suffisamment le ton du morceau.

11 serait souhaitable de le rencontrer, relevé par un tachygraphe et perdu dans la poussière des recueils anciens. En attendant cette bonne fortune, si elle survient jamais, il faut publier l'annonce ou plutôt le compte rendu de ce sermon ignoré.

Il faut aussi remarquer les destinataires des deux copies envoyées par des mains inconnues. Si le nom de Mabillon ne donne pas un sens particulier à cet envoi, celui de Mlle de Joncoux,à qui l'exemplaire du manuscrit 1776A a été adressé, est plus significatif. Apparemment quelque fervent janséniste aura saisi avec joie l'occasion de faire passer à la correspondante assidue du P. Quesnel*, cette pièce vraie ou authentique, dès qu'il aura pu se la procurer.

Quoi qu'il en soit, c'est le texte et l'orthographe de la copie adressée à Mlle de Joncoux que l'on trouvera ici. Les variantes ne portant guère que sur la manière d'écrire les mots, il n'y a pas lieu de les relever ^.

1 . Voyez : Correspondance de Pasquier Qaesnel, publiée par Mme A. Le Roy, Paris, 1900, t. II, p. 8.

2. Voici les premiers mots, d'après le manuscrit 19668: « Hyere, jour de Saint Ignace... » — Le copiste de cet exemplaire, écrit d'une

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