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ÉTUDES HISTORIQUES

Projet d'une bibliographie complète et raisonnée'.

L'année 1904, second centenaire de la mort de Bossuet, doit voir s'inaugurer en son honneur un monument auquel on a souscrit de toutes parts. On s'est préparé plusieurs années à l'avance, et point encore assez tôt, à mon avis, car avec le monument de marbre, il eût fallu dédier à la mémoire de Bossuet une édition de ses œuvres complètes, digne des sermons publiés par Lebarq, qui ne sont qu'une minime partie des ouvrages connus. La Revue Bossuet, trop obscurément encore, car elle mériterait d'être répandue davantage, travaille de loin à centraliser la masse dispersée des éléments nécessaires à cette future édition.

C'est bien cette sorte de monuments intellectuels qu'il

I. Le Bulletin de la Société d'Etudes de la Province de Cambrai, déc. iijoo, avait imprimé cet appel à l'entreprise d'une édition critique des œuvres complètes de Fénelon, sous le titre : Collaboration de la Société d'Etudes de la Province de Cambrai à une édition des Œuvres de Fénelon par le R. P. Eug. Griselle, membre titulaire.

Griselle. I

serait urgent de construire pour les gloires du clergé français. Il y a une leçon trop peu sentie par les ecclésiastiques, celle de voir Corneille, Molière, Mme de Sévigné, Saint-Simon, La Fontaine, et tant d'autres erands écrivains, dotés d'éditions qui laissent si loin derrière elles . toutes celles que nous avons de nos classiques religieux. J'excepte les sermons de Bossuet publiés par Lebarq, et aussi les œuvres de saint François de Sales dans la magistrale entreprise d'Annecy. Mais, si Lebarq a eu pour pre-, mier précurseur l'abbé ^ aillant, il ne faut pas oublier que c'est Gandar surtout, un laïc, un professeur de l'Université, qui dut, pour ainsi dire, révéler Bossuet aux hommes d'Eglise, trop aisément satisfaits des éditions défectueuses d'autrefois. Quel que soit en effet le mérite des éditeurs de ^ ersailles, travaillant de leur mieux au commence- ; ment de ce siècle, sur Bossuet, Fénelon et Bourdaloue, il faut bien l'avouer, les hommes d'étude aujourd'hui rougiraient de lire La Bruyère, le cardinal de Retz ou Mme de Sévigné, dans des éditions aussi arriérées que celles que réimpriment sans cesse et sans soin, les éditeurs dits catholiques. Ceux-ci s'adressent, ils le savent, à la clientèle ecclésiastique, tolérante à l'excès en cet ordre de choses.

Pour les écrivains religieux, c'est, semble-t-il, un luxe inutile de leur consacrer le temps, la dépense et les patients labeurs. On les prodigue quand il s'agit d'éditer les auteurs profanes. N'y a-t-il pas là une inconséquence et n'a-t-elle pas trop duré? Aussi serait-il temps de pi'éparer dès cette dernière année du xix^ siècle le monument qu'il conviendrait d'ériger à Fénelon, je veux dire une édition des ses œuvres, comparable à celle des autres ' grands écrivains de la France.

Je sais qu'au séminaire de Saint-Sulpice où sont conservés une bonne partie des manuscrits de Fénelon, l'idée est dans l'air, peut-être même est-elle déjà mise en œuvre. Les éditeurs désignés de cette œuvre collective, fruit

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