‹ FénélonChapitre 69 sur 138 · Jbid., p. i35-i · texte numérisé non relu

Jbid., p. i35-i

LETTRES SUR LE QUIÉTISME l45

scjt et moi Ils sont a uersailles j'attens leur lettres. [[Koiis leur [mandez] qu'on parle d'assassinat, c'est bien fait de s'en moquer et de ne pas laisser d'être sur ses gardes au pais ou uous êtes. On m'a mesme voulu faire [entendre] (?) sans le dire, que vous (aviez) * été attaqué la nuit [;] vous nous l'auriés mandé 2, ce qu'il j a de certain, c'est que vous (êtes) ueillé de prez et que (s') il arrivoit quelque chose les jésuites et le Père de la Chaise même ne (vous) menageroient nulle part, le cardinal de Bouillon a repos de ce coté la.

Je crois que le secret de l'affaire du livre de M. de Cambrai est renfermé entre ceux que vous (avez) nommé, il leur en peut échapper quelque chose qui se mande ici, tant j a que nos ennemis disent touiours sourdement qu'il n'i aura point de censure ^ et qu'on s'en tiendra aux explications et soumissions generalles.

Monsieur de Meaux pourroit bien donner un mémoire (au) nonce Q) pour le Pape'- [,] qui avancera [,] par ce courrier ou

1. Cette lettre, connue la plupart dus suivantes, comporte un bon nombre de chiffres qu'il a fallu traduire. Ainsi qu'il a été fait déjà, les caractères italiques signalent les mots écrits en chiffres, et les parenthèses avertissent des modifications. L'autographe portait, par exemple • « I. leur mande qu'on parle... voulu faire sans le dire 8.82 auoit été attaqué... ce qu'il j a de certain 5.8. i. est ueillé », etc.

2. Ce raisonnement d'Antoine pourrait bien pécher par la base. L'enquête annoncée plus haut, par la confrontation des dates et des lettres assez embarrassées de l'abbé Bossuet, amène plutôt à conclure que celuici, peut-être pour cause, ne se hâta guère d'avouer l'incident. Il a quelque peine à rendre compte de son retard à « mander » les bruits répandus sur cette attaque vraie ou prétendue.

3. Il y aura lieu de compléter la clef donnée par Lâchât à la fin de cette correspondance de Bossuet. On rencontre ici plusieurs sio-nes absents de ses tableaux ou qu'il a certainement oubliés ; par exemple, il publie dans une lettre du 9 septembre 1 697, de Bossuet à son neveu : « Qu'un abbé... lui avoit dit que C. n'alloit pas à F., mais à quelque chose de moins» (Lâchât, t. XXIX, p. lig). Il faut lire évidemment que « l'affaire n'alloit point à une censure », etc. Ici, le manuscrit porte: le secret de l'affaire du 55, est renfermé entre ceux que 1. a nommé... tant y a 8 nos 53, disent touiours sourdement qu'il ni aura point de f. 53 est absent des clefs établies, et 62 y signifie am;. Du reste, l'idée appelle ici nos ennemis. ce que confirmera une lettre déchiffrée par Dom Coniac. Cf. p. 194, n. f,.

4. Autographe : « Un mémoire à aS. 60.21. » Les clefs connues ne donnent pas le sens de chiffre 28, mais 22 y désigne le nonce.

Griselle. ,,,

par le prochain'. Prenes soin de uotrc santé, ie recommande a Ml" phelyp[eaux] le même soin de la sienne, celle de mad. foucault

I. Le mémoire était préparé de longue date, puisque, le 28 janvier, l'évêque avait écrit à son neveu : « Je viens de chez le roi, tout va bien pour l'afTaire générale. J'ai fait un mémoire dont on me doit rendre rc ponse dans deux jours : il est capable d'acheminer les affaires » (Lâchât, t. XXIX., p. 289). Le i5 lévrier, Bossuet mandait à son neveu : «J'enverrai, par le premier ordinaire, un Mémoire que le roi donnera demain à M. le nonce : on a eu de bonnes raisons pour ne le pas envoyer plus tôt. Ce mémoire dira tout ce qu'il faut « (Jhid., p. 3 10). 11 s'agit du Mémoire remis par le Roi entre les mains du nonce, pour être envoyé à Home, el porter le Pape à accélérer la condamnation du livre de M. de Catnhrai. Il a été publié dans la correspondance, aj)rès la lettre de Bossuet .1 son neveu, du 17 février (Lebel, t. XLI, p. (38 ; Lâchât, t. XXIX, j). 3i2). — Cf. Lettres de Louis XIV au cardinal de Bouillon, lettre XIII, du i4 février; Documents inédits, Mélanges hisl., t. IV. Imp. nat , 1882 in-4, p. 719. — Bossuet en écrit, dans cette lettre: « Le Roi manda M. le nonce exprès dimanche (c'était la veille, 16 février), afin qu'il envoyât dès le lendemain, de la part de Sa Majesté, le mémoire dont je vous fais passer copie. Le Roi s'est expliqué fortement » {Jbid., p. 3ii). La lettre d'Antoine dit clairement, ce dont personne ne doutait, de quelle plume s'était servi le roi, pour « s expliquer fortement » et « presser la condamnation » ; ce qui n'empêche pas Bossuet, dans la même lettre, de se plaindre des « cabales réunies » et du « coup de partie » qu'est, à son avis, la nouvelle déclaration des examinateurs. De même, à en croire le Mémoire : « Si les évèques de France publient d'autres écrits contre les livres de l'archevêque de Cambrai, ce n'est point pour l'instruction du procès à Rome, mais seulement pour l'instruction de leurs peuples », etc. (Jlnd., p. 3i3). Sans doute, il importait d'éviter de paraître prévenir ou influencer le jugement de Rome (Cf. plus haut, p. i32, note 2). Mais comment ne pas relever la contradiction entre les écrits publics de l'évêque de Meaux, et ceux de l'intimité? Il avait positivement avoué, dans la lettre du a 7 octobre précédent, que le but, qu'il s'efforcera ensuite de réduire à l'instruction des peuples, était au moins double et comprenait « la préparation du jugement ». « ... Ce qui nous oblige à instruire le peuple, et à préparer les voies au jugement qu'on attend » (Lâchât, t. XXIX, p. 196). Il était prudent, on le conçoit, de répudier cette seconde raison, dans les conversations avec le nonce, dont rend compte la lettre du 10 mars 1698 : « Nous n'avons pas le dessein d'écrire beaucoup, mais seulement de petits livres latins, ce qui nous est nécessaire, non seulement pour l'Italie, mais encore pour les Pays-Bas, etc.. C'est faire t<5rt à Rome, que de

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et de uotrc frère est de même et la mienne aussi grâce sa dieu. Je ne uous laisserai pas manquer d'argent mais uoiés ou les

croire qu'elle ait besoin de nos instructions pour juger... » (Ibid., p. Sog). Le vrai sens nous est donné cependant par les pressants appels de l'abbé Bossuet et de son compagnon de Rome : « Vous ne sauriez tous trois (l'évêque de Chartres et l'archevêque de Paris) trop parler, trop écrire, trop faire de bruit, s'il m'est permis de parler ainsi » (L'abbé Bôssuet, lettre du Ix février i6g8. Lâchât, t. XXIX, p. 3o3). « J'attends la Préface avec impatience : l'écrit latin fait à cette heure un bon efiiet ; ce qui est en françois n'en produit pas un pareil à beaucoup près. M. de Cambrai a envoyé ici son Instruction pastorale traduite en latin » (^Ibid., lettre du 26 février, p. 323. Cf. la lettre de Phelipeaux du 4 mars, p. 33 1). A mainte reprise, l'abbé Bossuet révèle candidement la position véritable. Il indique à son oncle la besogne urgente : « Il est bon aussi que vous sachiez qu'une des choses qui fera ici le plus de tort à M. de Cambrai, c'est qu'on s'imagine qu'il est cartésien, et qu'il préfère c^tte philosophie à la commune ; cela gendarme ici quelques-uns des principaux examinateurs contre lui. Au reste, il n'est pas nécessaire que vous mettiez votre nom à cet ouvrage. Il ne faut même l'imprimer que pour ce pays-ci, vous réservant à faire imprimer le français quand il vous plaira... Encore une fois n'hésitez pas à faire imprimer tout ce que nous vous demandons pour ce pays-ci... » (Lettre du 12 novembre i'J97, Lachat, t. XXIX, p. 2 12. Cf. II mars 1698, p. 348). « Les ouvrages latins sont essentiels pour les cardinaux. » — La réponse de Bossuet est

2 décembre : « On va travailler à l'impression que vous souhaitez « (Jbid., p. 232). Il dira encore, le 28 avril suivant : « On ne fera plus rien qu'on ne mette on latin et en françois » (Jbid., p. 4o3). Bossuet entra donc pleinement dans les vues de ses correspondants de Rome et ne renonça jamais à « préparer les voies au jugement » (Cf. lettre du 2g septembre 1697) • " ^^ f'ii* imprimer pour vous, mais non pas divulguer l'écrit latin intitulé ; Summa doclrinx » (Lâchât, t. XXIX, p. 161). Mais il recommandait, comme nous l'avons déjà dit, de ne pas paraître anticiper sur la décision qu'il pressait : « Vous aurez, en voyant M. le cardinal Spada, à lui expliquer les motifs des deux écrits que vous lui rendrez... et à me préparer une favorable attention sur tout ce que je pourrai envoyer par rapport aux dispositions de deçà, etc. » (Cf. plus haut, p. iig. Lettre à son neveu, 26 août 1697, Lâchât, t. XXIX,

iSg). Rien déplus formel enfin que cette phrase, écrite par Bossuet le 18 octobre i6g8. « Il n'y a qu'à dire que nos écrits ne font rien au jugement du livre, accusé et que nous les publions uniquement pour l'instruction du peuple » (Lâchât, t. XXX, p. 48). Le neveu remplissait son {mandat, témoin la relation de son audience du 16 mars : « Je fus

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choses xioni 17 mille Hures de guerin ' et ce que uous aués touché de moj 2.

Je fus hier moi même sauoir l'état de la santé de M. le Gard-'' de Janson. Je parlé a un valet de chambre qui uous connoit et qui me dit que S. E. auoit reçu de uos nouuelles. J'y viens encores demain. Il n'a plus de fieure. Il se porte de mieux en mieux-*.

encore bien aise de le prévenir (le Pape) sur les écrits que vous et les évèqiics de France jugez à propos d'opposer aux nouvelles illusions de M. de Cambrai... je lui en dis toutes les raisons par ra/jpori à la France n (Lâchât, t. XXIX, p. 355, lettre du 18 mars 1698). Que de divergenceanalogues, suivant la couleur du correspondant! Une lettre de Bossuet à son intime ami, l'évcque de Mirepoix, où il se défend d'avoir porto la cause au Saint-Office (3 septembre lôgy), c'est-à-dire recouru à un tribunal supérieur (Lâchât, t. XXIX, p. ii8), est instructive, companc avec la lettre au cardinal d'Aguirre, du 6 avril 1698. « C'est donc, Monseigneur, pour empêcher ce mal de gagner que nous écrivons. Mais à Dieu ne plaise que nou.s donnions nos écrits comme des préjugés. Nous reconnoissons dans la chaire de saint Pierre le dépôt inviolable de la foi... Je nie tiens assuré que ce qui sortira de ce siège sera le meilleur», etc. )> (/èi(/. , p. 373). Est-ce absolument la même pensée qui se fait jour, dans cette lettre confidentielle à son neveu, du 2I1 février précédent, «m percent des craintes vives sur l'issue de l'affaire : « La vérité est, que si Rome ne fait pas quelque chose digne d'elle et les cardinaux de leur réputation, ce sera un scandale é^joiivantable... » (Cf. Lettre du 7 juillet i6g8, Ibid., t. XXIX, p. 3ig). Ne faisons donc pas à Fénelon le tort de ne relever que dans ses lettres seules ce qu'on nomme « bénignement » des contradictions. L'histoire est l'histoire, et non un plaidoyer pour une cause épousée d'avance d'après des « préjugés » de seconde main.

1. Cf. plus haut, p. 60 et 80, Lettre ix, p. 617. Guérin était à Lyon, comme on voit dans une lettre de l'abbé à son oncle, 3o septembre

1697. Lâchât, t. XXIX, p. i64. On lit Guenin dans Revue Bossuet, 25 octobre igoS, p. 223. Cf. plus bas, p. 226, n. i.

2. On a déjà vu quelque chose des inquiétudes de l'abbé Bossuet à ce sujet (Voir plus haut, p. i/io). Cf. la lettre à Bossuet, du 21 janvier

1698, contenant une apologie de ses dépenses (Lâchât, XXIX, t. 285) et la réponse de son oncle, au 9 février : « Modérez-vous dans votre dépense, mais ne vous dégradez pas. Vous savez tout ce que je suis obligé de faire, l'argent comptant est fort rare » {Ibid., p. 3o5).

3. Nous avons vu (plus haut, p. 68, à propos de la lettre v, pourquoi Antoine s'intéressait à ce point à la santé de M. de Beauvais, et comment Tabbé Bossuet, qui avait vu à Rome le cardinal, comptait sur

M. l'Eu, de Toul. a refusé l'archeuesché de Bourdeaux^ et l'on a donné celui de Boulogne a M. l'ab. Gérard'^, ednsi Bourdeaux est vacant. Je le souhaittc a M. l'ab. de Noirmoutier'^. Monsieur Monsieur l'abbé bossuet a Rome.

Entre cette lettre et celle du 6 mai suivant, la correspondance d'Antoiae est muette, sauf par les extraits vraiment trop sommaires de M. Floquet : ils servii-ont du

sa protection pour son avenir. — Sur l'indisposition de l'évoque de Beauvais, voyez la lettre de Bossuet à son neveu, du i5 février 1698 : « Vous avez été en péril de perdre un bon ami. M. le cardinal de Janson a été fort malade d'un fâcheux rhume. On l'a saigné trois fois de ma connoissance, et il devoit l'être une quatrièine fois si le mal avoit pressé : il est à présent, Dieu merci, hors de péril. Le roi et toute la cour en ont été fort en peine » (Lâchât, t. XXIX, p. 3 10).

1. Il s'agit de M. de Bissy, futur cardinal et successeur de Bossuet à Meaux. Saint-Simon, dans une addition au Journal de Dangeau (t. YI p. 253) a pris soin d'envenimer les motifs de son refus et de tout attribuer à une ambition hypocrite. On sait quel fond il faut faire sur les appréciations de Saint-Simon. Si « certaine école voit rouge, dès qu'il s'agit de jansénisme », comme l'insinuait naguère un critique moins au courant du svii" et du xvni'= siècle que des choses de l'émigration et du premier Empire (Cf. Correspondant, 25 janvier 1902, de Lanzac de Laborie, Une apologie du cardinal Dubois, p. 34g), Saint-Simon, pour le moins, poussait au noir lorsqu'il s'agissait d'antijansénistes. Au reste, il le faut avouer, Bissy n'agit guère d'une façon noble en certaine circonstance que révèle une lettre de Bossuet à son neveu (27 octobre 1697, Lâchât, t. XXIX, p. 196). Il semble avoir trahi la confiance de Fénelon, ce pourquoi il n'encourut aucun blâme de la part de Bossuet : « On est étonné, écrit celui-ci, parlant de l'archevêque de Cambrai et de son ordonnance pastorale, du soin qu'il prend de cacher une ordonnance qui doit être publique... Un évêque savant auquel il l'a communiquée, m'a fait savoir qu'elle étoit pire que le livre : l'évcque de Toul. »

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