Ces chiffres sont écrits en abrésc X"= ^ et IIP tt
I^O FÉÎVELON
en ce pais la, aucun autre de uotre condition n'en a tant fait. M. Phclypeaux ne sVtonneroit pas comment nous j aués fourni s'il sauoittout ce que uous avés retranché, prenés y garde et ménagés uous insensiblement sans qu'on s'en apperçoiue, M. Chasot uous écrit [;] ma sœur et uotre frère uous embrassent et moi aussi [; | uous trouueres dans lesnouuelles a la main' que INI. l'abbé Girard est eueque de toul^, et M. de toul archeu. de bourdeaux contre la destination que j'en auois faite a M. l'abbé de la tremouille ^ que ie uous prie de faire souuenir que ie suis son seruiteur très ob. [éissant].
M. l'abbé Bossuet
1. Les Nouvelles à la main étaient en grand usage à cette époque et on les joignait souvent aux lettres pour n'avoir pas à transcrire les nouvelles (V. Histoire critique de la prédication de Bourdaloue, t. III, p. 461.
2. Antoine Girard de la Bornât, de Clermont, en Auvergne, docteur de Sorbonne le 29 août 1680, nommé à Toul le 24 décembre 1697, puis en avril suivant à Poitiers, prit possession de ce siège le 18 décembre 1698. Il y mourut à quarante-six ans, le 2 mars 1702. L'évcque de Toul, Bissy, le futur successeur de Bossuet, ayant décliné l'arclievèché de Bordeaux, Girard fut destiné à révèchc de Boulogne, combinaison qui échotia encore (Voir plus bas p. lig, n. 1 la lettre du 3 février 169S). On lit au Journal de Dangeau, le mardi 2 4 décembre 1697 ' " ^^ ''"^ ■• donné... l'archevêché de Bordeaux à l'évèque de Toul, fils de Bissy, chevalier de l'ordre ; l'évèché de Toul à l'abbé Girard, autrefois précepteur de M. le comte de Toulouse. » Dangeau, t. VI, p. 253). L'abbé Girard est donné par Ledieu, dans les « Notes inédites » que j'ai publiées en 1898, comme « un ami particulier de Bossuet n {Revue des sciences ecclésiastiques, octobre 1899, et Quelques documents sur Bossuet, p. 20, note 1. — Le I" février 1698, Dangeau écrit ; « M. l'évèque de Toula remercié le roi de l'archevêché de Bordeaux, qu'il lui avait voulu donner; il n'a pas cru qu'il y eût des raisons suffisantes pour la translation ; on a for loué et fort approuvé son procédé. » V. l'addition de Saint-Simon, m M. l'abbé Girard qui avait été nommé à l'évèché de Toul a été nommé évêque de Boulogne » [Ibid., p. 286). V. Revue Bossuet, juil. 1902, p. i36-i37.
3. Joseph-Emmanuel de la Tremouille, fils de Louis, duc de Noirmoutiers, auditeur de Rote, et chargé des affaires de France à Rome, fut élevé au cardinalat en 1706, nommé évêque de Bayeux en 1716, sacré par le pape Clément XI, et sans avoir pris possession, sinon par procureur, du siège de Bayeux, transféré à Cambrai en 1748, à la mort du
Cette dernière lettre de l'année 1697, sans doute à cause des préoccupations pécuniaires qu'elle reflète, s'occupe peu en somme de l'affaire du Quiétisme ^ Il n'en sera plus ainsi dans les suivantes, et durant l'année 1698, nous verrons Antoine entrer de plus en plus dans le travail des écrits échangés entre son frère et Fénelon, et se passion-^' ncr davantage pour le fond du débat.
///. — U ANNÉE i6g8
Le reste de la correspondance, très incomplète, d'Antoine avec son fds tient presque entière dans cette année 1698, sa dernière lettre étant du 19 janvier 169g. Sa mort, survenue peu de jours après, ne lui permit pas de voir
cardinal d'Estrées. qui ne reçut jamais ses bulles ; il y fut ainsi le successeur immédiat de Fénelon. Il était à Rome depuis quelque temps, et Bossuet avait écrit à son sujet le lo juin 1697, ^ ^""^ neveu : « Vous devez bien prendre garde à qui vous parlerez. Je crois M. l'abbé de la Trémouille et les siens gens d'honneur, mais faire sa cour est une grande tentation » (Lâchât, t. XXIX, p. 97. Cf. p. 279. Lettre de l'abbé, ik janvier 1698). On avait parlé à Rome d'un évèché pour l'abbé de la Trémouille, peut-être sur les nouvelles envoyées par Antoine dans la lettre dont il parle ici et qui nous manque. L'abbé Bossuet, dans sa lettre du ik janvier i6g8, y fait allusion. Après un mot sur les bruits d'assassinat qui circulaient sur son compte, et dont nous verrons ailleurs la genèse : « Il est bon que vous sachiez que tout le monde ici me veut tant de mal, que plusieurs Eminences m'ont fait et fait faire des compliments, sur ce qu'elles souhaitent que si M l'abbc de la Trémouille est placé, je sois auditeur' de Rote. Je sais ce que je dois répondre làdessus. Les jésuites et M. le cardinal de Bouillon ne laissent pas de l'appréhender » (Lâchât, t. XXIX, p. 279).
I. Il faut avouer pourtant que dans cette « guerre », les dépenses eurent aussi leur rôle, et j'ai cité ailleurs le mot de l'homme d'affaires de Bossuet, Souin, se réjouissant de voir paraître enfin le décret de condamnation, terminant cette lutte, et en donnant la raison topique : « J'espère que la dépense va bientôt finir par là. Si cela avoit encore continué du temps je n'aurois pu y fournir » (Bossuet abbé de Saint- Lacien, p. 36 ; Revue Bossuet, avril 1900, p. 82).
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la fin de ce long procès. 11 est impossible de donner aux lettres qui vont suivre leur commentaire complet. Le nombre, comme la variété des sujets qu'elles touchent, obligerait à procéder par monographies pour reconstituer les diverses « questions historiques » qui ont compliqué et parfois envenimé les phases de l'affaire du Quiétisme ' . Il serait déjà trop long de remettre en leur cadre, en les rapprochant des lettres de Bossuet et de l'ouvrage de Phelipeaux, les nombreux passages où il est question de la condamnation des Maximes des Saints. Comment, à plus forte raison, exposer, même en passant, les épisodes greffés, pour ainsi parler, sur cette lutte, et auxquels sont faites de fréquentes allusions dans la correspondance d'Antoine ? Le seul texte des lettres importe donc ici, ainsi que les noies de nature à l'éclairer. L'occasion naîtra sans doute d'y revenir pour tirer parti des renseignements dont il enrichit l'histoire, encore à faire -, de celte longue querelle.
1. Parmi les épisodes saillants rattachés au séjour de l'abbé Bossuet à Rome, outre le « problème » de son aventure personnelle et des bruits fàcheui qui entravèrent sa carrière, il faut signaler l'affaire de la condamnation du livre du cardinal Sfondrate, les incidents soulevés par l'arcLcvéque de Reims à propos de thèses soutenues par les Jésuites, les efforts prodigués pour rattacher au protestantisme les erreurs de Fénolon et, par là, le compromettre avec les calvinistes de Hollande, enfin et surtout la piquante affaire du « cardinalat de Bossuet «. A ces monographies destinées à éclairer ce qu'on peut nommer les dessous politiques de la condamnation du Quiétisme, les lettres d'Antoine apportent leur contribution, mais ce n'est pas en les publiant qu'on peut entreprendre ces chapitres complexes, sous peine d'étendre démesurément le travail et d'introduire quelque confusion. Quand la copie diplomatique de ces autographes inédits aura été soumise au puljlic, ce sera l'heure de les faire servir à l'histoire du Quiétisme.
2. Ce n'est pas, croyons-nous, manquer à l'équité, tout en reconnaissant le loyal effort de M Crouslé dans son travail sur Fénelon, de déclarer que là n'est pas et ne pouvait être le dernier mot sur la question. Le débat n'est pas, du reste, si simple qu'il se puisse t€rminer par le verdict un peu sommaire qui décharge l'une des parties au profit, ou mieux, au préjudice de l'autre. Il y a mainte autre chose que le quié-
LETTRES SUR LE QUIÉTISME l43
Les lettres perdues du mois de janvier ont été, en partie du moins, conservées par Floquet. Les voici d'après la
Revue Bossuet.
Gjanv. lOgS.
M. deMeaux' ou M. de Chasot vous aura mandé en quels termes le Roy a parlé de M. de Meaux au sujet de la prétention qu'avoit M. Dangeau, chevalier d'honneur, de prêter le serment avant lui. M. de Vieuville, M*' des requêtes, qui a acheté la charge de secrétaire des commandememts de Mme de Bourgogne et qui lit les actes des serments, m'a dit que le Roy l'ayant mandé pour recevoir ses ordres là-dessus, lui ordonna de commencer par M. de Meaux, en disant qu'il falloit donner la préférence au mérite si distingué de M. de Meaux. Et il ajouta que le Roy l'avoit répété plus d'une fois et en termes plus forts.
Les amis de M. de Cambray disent toujours qu'il n'y aura pas de censure. Mais les savans et les gens instruits croient qu'on ne sauroit empêcher de censurer le livre ou des propositions particulières extraites du livre sans porter coup à la religion et au culte qui y est établi ^.
Je ne m'alarme pas pour une saignée et quelque petit ressen-
tisme en cause dans le procès du Quiétisme. Les panégyristes, comme les adversaires de l'ouvrage de Crôuslé, lui feraient tort s'ils jugeaient qu'il ait jamais tenu cette histoire pour définitif.
1. Lâchât, t. XXIX, p. 276. Elle nous signale la lettre d'Antoine datée du 2 3 décembre 1697, non encore retrouvée. Là aussi cf. plus haut, p. i36, n. 3, l'abbé parle des bruits d'assassinat qu'on fait courir sur son compte. Je me borne à renvoyer au travail que j'ai publié sur Y Aventure de l'abbé Bossuet à Rome. Màcon, 1900, in-8.
2. 11 n'est point superflu de noter le galimatias fort peu intelligible de cette phrase. Mais Floquet a-t-il exactement transcrit ou Antoine entendait-il la question et les questions qu'il tranche si résolument? Gomme écho des conversations familiales dans ce milieu intéressant qu'il trahit, ses lettres ne sont pas moins précieuses que celles de l'abbé de Chantérac à Fcnelon ; il n'y a point à se demander de quel côté est la dignité.
timent de fièvre. Mais c'est un avertissement pour modérer votre activité et vos sollicitations '.
J7 janvier ibga.
On mande de bien des côtés que le Livre de INI. de Cambray aura bien de la peine à se tirer d'affaire à Rome.
Il manque une lettre du 20 janvier.
2 y janvier i6g8.
M. de Meaux est allé à Versailles parler au Roy sur les deux] examinateurs que l'on met avec les autres ^. C'est une nouvelle charge et de nouveaux embarras pour vous. Les amis de M. di Cambrai espèrent toujours d'empêcher la censure et prennent Pape pour franc innocent^.
LU
f Paris 3. feurier g8.
Nous auons reçu uos lettres du i4. M. de M[eaux] et M. Cha-
1. Lettre de l'abbé Bossuet à son oncle, du 3i décembre 1697 (J^'^d., Lâchât, XXIX, 264) (Note de M. Levesque, p. i35, n. 2). Cette référence aurait quelque besoin d'être complétée, mais ce serait toute l'histoire de « l'aventure de l'abbé Bossuet à Rome qu'il faudrait recommencer et je me borne à renvoyer à mon travail sur la matière. Les lettres des 10, 17 et 26 février que Floquet, nous ne saurons jamais pourquoi, a omis de nous conserver, auraient peut-être apporté quelque éclaircissement à ce problème.
2. Lettre de Bossuet à son neveu, 20 janv. i6g8. Lâchât, XXIX, 280 (Revue Bossuet, p. i36, n. i).