‹ FénélonChapitre 74 sur 138 · La Eevue Bossuet imprime Bourbon · texte numérisé non relu

La Eevue Bossuet imprime Bourbon

■ 2. Pour faire faire une insertion, car, pour suppléer ici au commentaire absent delà Revue Bossuet, il s'agit du dessein conçu par l'abbé et communiqué à son oncle, de faire démentir les faux bruits. Cf. L'averJure de l'abbé Bossuet, p. 8g et suiv.

3. On lit : nous, dans la Revue Bossuet ; n'est-ce pas une faute de lecture ?

4. Dans le catalogue des livres, lettres, etc. recueil dressé de la main de Ledieu et publié par la Revue Bossuet, janvier jgoi, on lit : « Dans le caresme de i6g8 on reçut à Paris trois lettres françoises de M. de Cambray à M. de Paris sur son instruction du 27 octobre 1697 et une quatrième lettre sur l'addition faite à cette instruction réimprimée, in- 12 » (p. 5i).

même depuis l'augmentation des deux cardinaux, qu'on ne décidera rien à Rome contre luy. Cela joint à ce que vous me mandez que vous craignez, me fait douter plus que jamais d'un bon succès.

M. Phelipeaux sera aussi fàclié que vous si les choses ne vont pas bien. Je ne puis croire qu'on laisse le livre comme il est. Je voudrois que nos évoques l'eussent défendu dans leurs diocèses. Ils valent bien des examinateurs de Rome ' On n'en voit que trop les désordres ; il vaudroit mieux ùter la clôture aux convents.

Je suis fort aise de votre audience. Ne pourriez-vous point luy faire et luy lire quelque Mémoire sur la matière qui n'enfonçât pas, mais qui touchât 2.

i4 avril i6q8.

Le monde croit qu'on a assez écrit contre 1\I. de Cambray. Il n'y a plus qu'à le ramener à son livre qu'il veut faire perdre de vue, en embarrassant à cause des propositions qui y sont et dont il voit bien qu'au pied de la lettre il ne peut éviter la censure, surtout en ce pays ici où on le oonnoit, et le fond de sa créance qui ne va qu'à autoriser celle de M"^ Guyon qu'il n'a pu même encore se résoudre de condamner expressément et de qui les pernicieux livrets ont grand cours dans son diocèse.

Le silence de Rome est mortel ^. On a assez contesté sur les citations et les explications forcées. Tout cela ne sauroit rendre bon le texte d'un livre que tout le monde a trouvé si mauvais, dès qu'il a paru, et qui a de si étranges conséquences. Toutes les per-

1. Voilà certainement des échos de propos entendus; on n'est trahi que par les siens.

2. Bévue Bossuet, p. iSc). — Le conseil est plein de saveur : toucher le pape, sans trop entrer dans la matière, que sans doute il n'entendait pas, comme insinuent charitahlemcnt ailleurs les amusants correspondants, c'était le secret toujours cherché.

3. Vous verrez qu'à force de vivre dans l'orbite du « Père ded'Eglise » célébré par La Bruyère, Antoine s'imaginera qu'avec son frère, il sauve l'Eglise, compromise par le silence ou la lenteur du pape.

LETTRES SUR LE QUlÉTISME ib"]

sonnes de piété en sont scandalisées. Je ne souhaite rien tant qu'un changement de Pape '.

On dit que le card. de Bouillon est maître de faire dire ce qu'il veut dans les gazettes par Berg-op-Zoom et qu'il ne faut rien prévenir, tout étant détruit jusqu'à la racine ^.

Je suis ravi qu'on soit content de la Préface. 11 ne faut point prendre le change avec M. de Cambray.

Paris, 21 avril i6g8.

Nous avons reçu vos lettres du i^"" de ce mois. Je me suis volontiers désabusé des mauvais bruits ; mais je ne laisse pas de craindre que ces inventeurs n'en demeurent pas là et ne cherchent de forger quelques nouvelles machines contre vous. Il faut si bien faire qu'ils n'aient point de prise : vous ne manquerez pas à être sur vos gardes. Le card. de Bouillon a mandé ici, il y a déjà bien du temps, que les examinateurs avoient été partagés et que c'étoit pour cela qu'on avoit ajouté deux cardinaux.

Rien n'est plus commun que d'entendre dire que Rome ne fera rien ; et il y a en ce pays ici bien plus de gens pour M. de Cambray que d'autres, même à la cour où le commun du monde est pour celui qui adoucit la sévérité de la religion et qui lollit peccata mundi^, qui retranche les bonnes œuvres*, et établit un fanatisme par oi!i chacun se puisse faire heureux à sa mode.

1. Ce souhait d'un « changement de pape » a décidément hanté l'entourage de l'évèque de Meaux.

2. C'est toujours la préoccupation des insertions, possibles dans les lardons de Hollande, "de récits de 1' « aventure » de l'abbé ; et le pauvre père en demeure occupé dans la lettre suivante, avouant piteusement qu il ne croit plus rien des bruits, mais qu'il craint qu'on en forge encore.

3. L'allusion à la dévotion aisée est encore un écho significatif. Voilà Fénelon passé probabiliste ; mais du moins l'aveu, dénué d'artifice, constate que M. de Meaux n'a pas pour lui, comme il a sans cesse persisté à le faire entendre, « la ville et la cour » soulevés pourtant, à l'en croire, contre ce livre trouvé si mauvais, et, pensons-nous, surtout jugé singulièrement ennuyeux et sec.

4. On croit rêver d'entendre accuser Fénelon de « supprimer les

Voilà où les longueurs qu'ont apporté par deçà les prélats et qu'on apporte là bas' mettent les choses. Aussi voit-on M. de Cambray parler plus haut que jamais, et ses amis. C'est luy qu'il semble qui devienne l'agresseur par ses nouvelles lettres. Il prétend par son savoir faire mettre à bout la théologie et si on ne se dépèche de l'abattre- il deviendra le plus fort. A la cour et à la ville on fait déclarer ouvertement le C. de Bouillon et les jésuites.

Gela vous doit faire renouveler de force. Quand il n'y auroit de dans le livre le trouble involontaire ■^ que le card. de Bouillon ne desavoue pas qui ne soit mauvais, il ne sauroit éviter la censure, quand même on prendroit pour bon ce qu'il dit pour se moquer des gens que ce n'est pas lui qui l'y a mis, étant ce qu'il y a encore de plus net et de plus criant.

Paris. 38 avril iGg8.

Les amis de M. de Cambray se savent bon gré d'avoir si bien fait qu'ils ont engagé Rome à nommer publiquement des examinateurs et à mettre leur affaire en procès par écrit et par là en de grandes longueurs, pendant lesquelles M. de Cambray se donne carrière par infinité d'écrits. Il devient l'agresseur, impose au public par ses déclamations et met de son côté les foibles et les

bonnes œuvres », comme si sa doctrine du pur amour n'exigeait pas une si surhumaine « perfection » que M. Delplanque a pu le prendre en défaillances fréquentes de cet idéal, et lui reprocher presque de ne l'avoir pas toujours pratiqué.

1 . Vous voyez bien que Rome ne sait que perdte la religion ; les évoques amis de M. Meaux n'auraient pas tant tergiversé à donner une décision dogmatique.

2. 11 est grand temps et il y a vrai péril en la demeure ! Tous ces commentaires des lettres et de la conduite de Bossuet,* donnés par son bonhomme de frère seraient amusants s'ils n'étaient si tristes. Vraiment les répliques parfois vives et indignées de Fénelon accablent moins l'évèque de Meaux que l'admiration fraternelle s'étalant sottement dans ces billets.

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