‹ FénélonChapitre 87 sur 138 · Millésime ajouté de la main de Dom Coniac · texte numérisé non relu

Millésime ajouté de la main de Dom Coniac

pie fort peu correcte du sermon du p. de la rue aux feuillans le lour de St bernard *. Il a fait du bruit a paris et c'est un Jésuite qui paroit n'être pas du même auis que ceux de rôme, M; de M. n'a pas encore acheué sa réplique a M. de C. qu'on pourra uous enuoyer dans 7 ou 8 jours (un courier extraordinaire)-.

L'ambassadeur ne sera ici qu'au retour du uoiage de fon[taineble]"" c'est a dire que tout sera fait a Rome auant qu'il j soit, le cardinal de Bouillon aura beau jeu si on ni pouruoit, ce que uous auez fait dont le cardinal de Bouillon a prit copie est fort bien, Il est approuué à la cour ^ comme a Rome.

Nous auons uos lettres du 16.

gallerand^ a grande enuie de paruenir a être sec[retai]'"e de l'ambassadeur nous uous embrassons tous, a Monsieur

monsieur l'abbé Bossuet, a Rome.

Les lettres de l'abbé Bossuet, en date des 2, 9 et 16 septembre donnent les détails nécessaires à l'intelligence de cette réponse. Elles exposent l'effet produit à Rome par l'écrit remis au cardinal de Bouillon. Il s'agit du Mémoire imprimé dans les éditions à la suite de la lettre du 2 septembre, qui en explique longuement le but et la portée \

1. Cette copie fut portée à Frascati par l'abbé Bossuet le 26 octobre. « L'abé Bossuet avait porté la copie du sermon du Père La Rue. L'abé Berthet, ecclésiastique du Cardinal, en fit la lecture aux Pères Charonier et Sardis qui entrèrent dans un tel emportement qu'ils scandalisèrent toute la compagnie » (Phelipeaux, II« part., p. it>~)-

2 . Même chifTre et même note de Dom Coniac que pour la lettre précédente.

3. « Il » est évidemment employé ici, ea un sens impersonnel et neutre, pour : cela, ce que vous avez fait.

4. Sur Galeran, voir plus haut, p. 66, note i , 122 et plus bas, p. 282, n. 1.

5. V. Lâchât, t. XXIX, p. 674, 584 et t. XXX, p. 5. Cette pièce porte pour titre : Mémoire que M. le cardinal de Bouillon a souhaité que M. l'abbé Bossuet lui donnât, signé de lui, sur les représentations et les demandes qu'il avait faites au Pape. La crainte de voir « étrangler » la conclusion de l'affaire, au risque de n'obtenir qu'une condamnation trop générale de Fénelon, et « peu digne du Saint-Siège », mais aussi de se

Dès le 21 septembre, Bossuet envoyait à son neveu ses félicitations pour cette démarche, qui avait le mérite d'atténuer tout ce qui eût pu sembler, de la part des évêques, une menace de se passer de Rome, tout en préparant une « décision... précise et... honorable pour le Saint- Siège ' ». D'ailleurs, le négociateur songeait vraiment à tout, puisqu'il écrivait à son oncle :

Il ne sera, pas mauvais de préparer le nonce à insinuer ici qu'en finissant cette affaire il sera bon que le Saint Siège loue le zèle et le procédé des évéques ^.

Son zèle n'avait donc pas besoin d'être excité. Ne seraitce pas d'ailleurs sur ses instances que son oncle, sitôt qu'il eut achevé sa réponse, se hâta de rejoindre la cour, alors à Fontainebleau, comme nous l'apprend la lettre d'Antoine du i3 octobre. Le 28 septembre, son neveu lui avait écrit:

Si j'apprens par vos lettres que vous alliez à Fontainebleau, je

vous y adresserai les miennes en droiture, pour que vous les ayez plus tôt. Il seroit bon que vous ne quittassiez plus la cour ; les moments sont précieux ; un mot fait plus que cent lettres •'.

Le prochain séjour de Bossuet à Fontainebleau devait être annoncé à l'abbé par la lettre de son père.

voir accusé de retarder la solution, domine dans ce mémoire. Cf. Phelipeaux, II» part., p. i34.

1. Lâchât, t. XXIX, p. 075. Cf. les mêmes expressions dans la Relation de Phelipeaux à propos de l'audience du i8 mai 1698 (II" part., p. 85).

2. Lettre du g septembre (Lâchât, XXIX, p. 586). Bossuet, ses amis consultés, trouva la précaution dangereuse : m Nous ne sommes pas d'avis ici de rien faire insinuer sur la mention qu'on pourra faire du clergé de France dans le décret, de peur qu'on ne nous dise des choses quas invidiœ forent. Il faut être fort délicat là dessus par rapport au saint OfGce » (Lettre du 5 octobre, Lâchât, t. XXX, p. 29).

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