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A PROPOS DE SERMONS DE FE>'ELON I I

à la Communauté des Nouvelles Catholiques, il ne se hâta point d'accepter au dehors des prédications suivies'. On ne rencontre son nom en efTet pour la première fois dans la Liste des Prédicateurs, qu'au Carême de i6So, pendant lequel il est désigné comme prêchant « les dimanches et fêtes aux Religieuses Carmélites du Faubourg Saint-Jacques ».

Au Carême de 1681, il donne les dimanches dans la maison des Nouvelles Catholiques, et s'y trouve en assez bonne compagnie d'autres prédicateurs qu'il avait eu peutêtre le soin d'inviter. Notons les moins obscurs : « le second vendredi, Monsieur l'abbé Anselme... le cinquième, Monsieur l'abbé Fléchier, le sixième, Monsieur l'abbé Desalleurs, prédicateur du Roy et aumosnier de Madame la Dauphine... ; et les dimanches, ajoute la Liste, Monsieur l'abbé de Fénelon, supérieur de la Maison ».

Le reste ne vaut pas l'honneur d'être nommé.

Exceptons toutefois le prédicateur du vendredi, « Monsieur l'abbé de Montmort nommé à l'Evesché de Perpignan », que Madame de Sévigné aura contribué à sauver d'un oubli complet, pour avoir fait un compte rendu enthousiaste du « beau jeune sermon » prêché aux environs de Pâques 1671, qu'elle nous analyse si joliment dans sa lettre du i'"'^ avril suivant-.

On ne voit plus Fénelon reparaître à la Liste qu'au Ca-

1. M. l'abbé Urbain m'a liien voulu signaler l'oraison funèbre de l'abbesse de Faremoutiers, Jeanne de Plas, parente de Fénelon, que celui-ci prêcha le i5 février 1678. Voir, la relation des obsèques et du service, à l'Appendice I tirée du ms. fr. 11D69.

2. M""' de Sévigné, éd. des Grands écrivains, t. II, p. i38 : a Nous entendîmes l'autre jour l'abbé de Montmor ; je n'ai jamais oui un si beau jeune sermon... Il fit le signe de la croix, il dit son texte; il ne nous gronda point, il ne nous dit point d'injures ; il nous pria de ne point craindre la mort, puisqu'elle était le seul passage que nous eussions pour ressusciter avec Jésus-Christ. Nous le lui accordâmes ; nous fûmes tous contents. Il n'a rien qui choque : il imite M. d'Agen (Claude Joly, prédécesseur de Mascaron) sans le copier ; il est hardi, il est modeste, il est savant, il est dévot ; enfin j 'en fus contente au dernier point. »

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rême de i685 et à l'Avent de 1687 '. C'est entre ces deux dates que se place la première mission en Saintonge, un peu confusément racontée par les premiers historiens-. Il avait prêché avant son départ, au Carême de i685 « tous les Dimanches et les Festes » pendant que les vendredis revenaient à l'abbé Bertier, un de ses futurs compagnons d'apostolat en Saintonge, qui fut le premier évêque de Blois''. Ce nouveau siège fut érigé par la Bulle d'Inno-

1 . La correspondance et la biograplùe de Fénelon nous le montrent en mai et juin 1681 à son prieuré de Carénac en Querci, que l'évêque de Sarlat, son oncle, lui avait résigné. Correspondance, t. II, p 9 et 1 1 . Bausset, t. I, p. 54. Une note de l'édition de i85o, ibid., nous atteste sa présence à Paris, dès le 28 février i683, où il revalide à Saint-Sulpice un mariage douteux. ^lais son absence avait dû être beaucoup plus courte. V. p. 62, n. 2.

2. Le P. Boutié, S.-J., dans son Fénelon (Paris, Retaux, in-8, s. d. [1900] 33i p.) écrit: «Ses missions terminées, vers la fin de juillet 1687, il reprit ses modestes fonctions de supérieur des Nouvelles converties. » Les titres de deux ouvrages composés sur cette période donnent aussi 1687 et même 1688 comme applicables à ce séjour en Saintonge. V. l'abbé V. Verlaque, Fénelon missionnaire d'après des documents inédits, 1685-1687, Marseille, Cbauffart, in-8, 3i p. (Extrait du Bulletin de l'Académie du Var, i885 ) Letelié (A.). Fénelon en Sainlonije et la révocation de l'édil de Nantes (i685-iG88), Etude et documents. Paris, Picard, in-8, i3o, p. i885 (Extrait des Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis).

II se peut que ces dates soient exactes par rapport aux documents mis en œuvre, mais sur le retour de Fénelon à Paris, il eût fallu préciser. La lettre à Bossuet, datée de la Tremblade, 8 mars 1686 (Correspon dance, t. II, p. 2g(3), fut suivie, d'après Bausset, I, p. i3i, d'une prompte permission de rentrer à Paris, et d'après le même historien, Fénelon ayant repris ses fonctions, négociait en octobre 1686, l'adjonction de Sœurs de la Charité aux directrices de la Maison des Nouvelles Converties. — Il faut donc distinguer, comme l'a très bien fait M. Crouslé, deux missions: « l'une se prolongea du milieu de décembre i685 à la fin de juillet i686 ; et l'autre, en 1687, dura environ trois mois, de mai en juillet », t. I, p. 74 : cf. p. i3i. Le i3 avril 1687, Fénelon touchait à Paris, en sa maison de la rue du Petit- Bourbon, une somme de trois mille livres dont la quittance a été publiée dans la Correspondance, t. I, éd. 1827, p. 16.

3. A. Jean S. J. Les Evêques et archevêques de France depuis 1682. Paris, Picard, gr. in-8, 545 p., 1891, p. igS.

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cent XII, du i""*" juillet 1697, mais le roi y avait désigné l'abbé Berlier dès le 22 mars iGgS.

Le 20 avril 1680, jour du Vendredi saint, Fénelon prêchait aussi la Passion, toujours d'après la Liste, au Carmel de la rue Saint-Jacques ' . Parti pour Saintes, le 5 décembre de cette même année -, il fut de retour assez tôt pour prêcher l'Avent de i68(i à sa Communauté. La JJste le désigne comme l'unique prédicateur de cette station.

Pour l'Avent de i(>8-, on le trouve indiqué aux jours de la Conception, lundi 8 décembre et les jeudi, i"'' janvier, et mercredi, G janvier 1688, aux fêtes de la Circoncision et de l'Epiphanie, chez les Religieuses du Saint-Sacrement (probablement les Filles du Saint-Sacrement), communauté établie rue Cassette depuis 1684, sur la paroisse de Saint-Sulpice '.

En 1G8.S, dans sa Maisqn des ÏNouvelles-Catholiques, Fénelon figura parmi les prédicateurs annoncés pour le Carême et pour l'Avent. \oici le texte de la Liste pour l'Avent : « Monsieur l'abbé de Fénelon preschera les Dimanches ; Le premier vendredv et le sixième Monsieur l'Abbé de Langeron ; le second et le quatrième le R. Père Dhautecourt. chancelier de l'Université; le troisième Monsieur l'Abbé Desmarest ; le cinquième et le jour de 1' \nnonclation Monsieur l'Abbé Bertier ; le Vendredi Saint Monsieur Thiberge Directeur du Séminaire des Missions Etrangères '*. »

Pour l'Avent, le Supérieur des Nouvelles Catholiques ne

1. En iG85, il prêcha, le dimanctie i3 mai, pour la clôture de la dédicace de l'Eglise S. Jacques du Haut-Pas. Archives nationales, LL. ■jyS, p. ii5 (Couiiuunication de M. l'abbé Urbain). \oir Ap[iendice II.

2. Sur la mission de Fénelon en Saintonge je renvoie aux lettres de l'intendant Arnoul, Documents d'Histoire, juin 1910, p. 271 et suiv.

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