‹ FénélonChapitre 91 sur 138 · Le millésime a été ajouté de la main de dom Coniac · texte numérisé non relu

Le millésime a été ajouté de la main de dom Coniac

3. Nous avons déjà rencontré le nom de Rouillé, de Lyon, parent des Bossuet peut-être, et en tout cas leur intermédiaire à Lyon. Cf. la lettre d'Antoine, du 2 juillet 1696, qui parle aussi des Rouillé de Paris, maîtres des requêtes (Voir plus haut, p. 62, 64 et 75). Le mot Rouillé est sur l'autographe en surcharge, au-dessus du mot Paget, nom d'un autre correspondant sans doute, écrit d'abord, puis supprimé.

M. de M. me mande de uous auertir qu'en marge des deux pages (ii3 et ii4)' qu'il ne cotte pas mais que uous trouuerés en lisant et qui font le même feuillet II j a (cop. (sic) p. i8o) '^ en citant la dernière réponse de M. de G. et que cette réponse n'a que 170 pages ■', il dit que cela sera aisé à corriger à la main, mais il ne marque pas la datte qu'il faudra mettre au lieu de 180, ce n'est pas un grand mal, a cela prez je crois qu'on sera parfaitement content du reste, a l'égard des lettres ^ qu'on promet uous sauré bien les faire espérer et dire qu'elles ont été retardées par megarde [.] est il vrai que les examinateurs aient été partagés jusqu'à la fin et que ceux qui sont pour M. de Cambrai aient été de même auis iusqu'a ce iour.

A Monsieur Monsieur l'abbé

Bossuet au palais massimi à Rome

Cette lettre n'eût-elle que le mérite de nous fournir la date exacte du départ des Remarcjues sur la Réponse à la Relation, il y aurait lieu de la relever. On possédait cette date par conjecture, puisque, le jour même (18 octobre), Bossuet écrivait à son neveu : « Le courrier que nous

1 . Les deux pages indiquées sont écrites en marge dans un renvoi marqué au texte par une croix.

2. Ne faudrait-il pas lire rep. (réponse), sinon cap., (chapitre)? Quoi qu'il en soit, il s'agit d'une rectification dans la référence, « la date », comme parle Antoine, c'est-à-dire l'indication de la page exacte, qu'un lapsus a fait indiquer à un chiffre supérieur à celui des pages du livre allégué. La faute existe en effet (art. -, n» Sg), à la page 1 14 de l'édition princeps (Bibl. nat. D, igof)!). Au reste, les éditeurs modernes n'ont point laissé subsister cette erreur. L'édition Lebel (t. XXX, p. 80) corrige : Rep. chap. m, p. 80.

3. Je n'ai pu rencontrer l'édition princeps du livre de Fénelon. L'exemplaire de la Bibliothèque nationale (D, igoyi) est une seconde édition, de Bruxelles, revue et corrigée. Elle a 193 pages, et le passage visé par Bossuet s'y trouve à la page 89.

4. Le chiffre, lu par Dom Coniac, est ici un P majuscule. Il figure dans le tableau édité par Lâchât, t. XXX.

dépêchons exprès pour porter ma réponse à celle de M. de Cambrai sur la Relation, doit être parti de ce matin ' ».

Nous avons désormais une certitude, et surtout, par les lettres qui vont suivre, le récit des lenteurs retardant cette expédition. La fin de la lettre d'Antoine marque aussi les préoccupations des adversaires de Fénelon au sujet du partage des examinateurs. C'était, en effet, le grand motif de confiance de l'abbé de Chantérac. Puisque les juges accrédités se répartissaient ainsi, l'hérésie n'était donc pas si formelle, ou, du moins, si facile à préciser. Là, par suite, devait être la crainte de la partie adverse, et ce qui l'eût atténuée eût été de constater que cet accord était le fait de quelque brigue par laquelle on eût gagné à la cause suspecte des partisans autrefois d'un autre sentiment.

Aucune préoccupation dogmatique ne se rencontre dans la lettre écrite par Antoine deux jours après cet avis de l'envoi du dernier livre. Elle est toute aux questions d'intérêt, et relative uniquement aux difficultés suscitées au courrier extraordinaire, qui a bien la mine d'avoir exploité ceux qui l'envoyaient. Aussi, en tête, une main, où je crois bien reconnaître celle de Phelipeaux, a tracé en grosses lettres : Rien à prendre. Pour la Relation sur le Quiétisme, en effet, si les lettres d'Antoine et de son fils lui ont été communiquées, comme il est assez probable, la lettre du 20 octobre ne présentait qu'un mince intérêt. 11 n'en va pas de même si l'on tient à juger des efforts et des dépenses que coûtèrent à Bossuet et aux siens le procès engagé contre Fénelon en cour de Rome.

I. Lâchât, t. XXX, p. 47. — La lettre de Bossuet contenait un mémoire latin adressé à son neveu , retardé lui aussi par le « passage de Mme la duchesse de Lorraine ». Ce mémoire est dans l'édition Lâchât, p. 49-51,

Paris, 20 oct. qS lundi soir.

J'en auois agi assés honnestement auec le S'' maurisseran pour en vser bien auec nous.

Cependant il nous fait un très vilain tour, Il ne tint qu'à lui de partir vendredi après diné, on lui remit deux pacquets [:] vn pesant 4o liures pour son postillon et l'autre de dix liures pour lui. Il promit de partir le lendemain de très grand matin et de faire bonne diligence en sorte qu'il seroit à Rome en sept ou huit jours, je ne fus pas peu surpris hier dimanche quand son frère m'apporta une lettre de lui dattée du même jour de son [départ] de paris samedi, de font[aineble]a" a neuf heures du soir ou il dit qu'il n'a pu aller plus loin accause des difficultés que les maitres de poste lui ont faites de lui fournir des chcuaux pour porter auec le postillon ce furieux paquet qui n'est de 4o liuA"res[,] qu'il aiioit fait un alte (halte) à font[aineble]=>" qu'il ne laisseroit pas de continuer le lendemain mais que ce ne pouuoit être qu'en prenant un troisième cheual pour le pacquet ce qui augmenteroit les frais de sa course considérablement, sur quoi il me prioit de donner ordre qu'on lui fit raison à lion ou il attendroit, j'ai prit de son frère son addresse a lion Et le Sr anisson s'est chargé d'écrire a son correspondant d'accomoder tout auec cet homme de manière qu'en déchargeant le pacquet ou autrement il robligea[t] de passer outre mais compté que c'est im misérable capable par mesquinerie de s'en être allé samedi à font[aineble]'»" par le coche et qui aura augmenté sa charge de bien d'autres paquets que les nôtres, Je connus son allure en ce qu'après auoir pris pressamment (sic) du Sr Soùin 5o. Louis ,d'or pour partir il dit a La -Planche qu'il ne partiroit pas qu'on ne lui donna iusqu'a a ooo ; il mit de l'eau dans son vin[.] Il me vint prier de faire augmenter Je lui fis encore donner dix louis [;] Il parut content et vous voyez le nouueau tour qu'il nous fait, Il me tarde bien que vous ayez ses paquets Il auoit déjà mit onze iours a venir au lieu de sept qu'i vous auoit promit II me fit dire l'histoire qu'on l'auoit arresté à

LETTRES SUR LE QUlÉTISME 219

turin, a lion, qu'il auoit pris un cliaize qui s'etoit rompue et qu'il auoit fallu pjaier et d'autres sornettes.

J'aj enuoié a ^I. de M. la lettre que uous auiés fait mettre dans le paquet de M. le nonce il l'aura reçue ce soir, il pourra demain vous écrire de fontainebleau.

^lonsieur l'abbé Bossuet au palais Massimi

ia Rome.

Phelipeaux, si c'est bien lui qui nota d'un dédaigneux ien à prendre cette lettre du 20 octobre, a perdu cepenlant une occasion de nous montrer par là quelles difficulés rencontrait le prompt envoi des divers écrits par lesquels Bossuet entendait répondre à chacune des réponses de sa partie. En ce qui regarde l'expédition à Rome des Remarques sur la Réponse, la lettre ainsi délibérément écartée n'était donc pas à dédaigner*.

I. L'ordre des dates invite à en placer ici une de Bossuet lui-même, écrite à Pirot, le 2 5 octobre, de Fontainebleau. Les éditeurs de Versailles l'avaient donnée (t. XLL p. 5'i9) à peu près exactement. Lâchât (t. XXX, p. 58^ la donne d'après eux. Il eût pu la vérifier à Meaux sur l'autographe. Elle est relative ù l'affaire des signatures obtenues en Sorbonne contre le livre des Maximes et qu'on eût pu tourner en sujet de mécontentement de Rome contre Bossuet et l'archevêque de Paris, sous prétexte de jugement porté sur un livre alors déféré au jugement du Saint-Siège, ainsi prévenu. Voici les quelques variantes à relever sur l'autographe en ce moment au grand séminaire de Meaux (carton E, iSy, n. 4, don de M. Gallard à Mgr Allou) : « L'affaire se tourne très bien (et non tourne très bien) ; le liure fait ici un grand effet. » Les premiers éditeurs ont remplacé le livre par son titre : « La réponse a M. de Cambrai fait ici », etc. Ils ont supprimé enfin la signature, et rejeté, comme d'ordinaire ils le font, la date elle lieu d'envoi, à la fin delà lettre. L'autographe porte en outre cette suscription ; « M. Pirot », puis, de la main de Bossuet, en quatrième page, cette adresse : A monsieur Monsieur l'abbé pirot chanc[eli]" de l'église et de l'université de Paris

vicaire gnal de mgr l'archevesque en Sorbone a Paris

(Cachet.)

La lettre du courrier suivant, en date du 2 "y octobre, a davantage attiré l'attention de l'annotateur et non sans raison. Il y a mis entre crochets, sans doute pour les extraire ou les publier, les passages où la marche du pro-

cès est signalée.

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